Le Sénégal est sous le choc après la confirmation, lundi 13 avril dans la soirée à Rabat, des peines prononcées contre 18 supporters sénégalais. Tous sont poursuivis pour des violences lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), le 18 janvier 2026. Les peines prononcées vont de 3 mois à 1 an de prison. À Dakar, la nouvelle suscite un large mouvement d’indignation et quelques appels à l’apaisement.
Depuis le verdict, les mêmes commentaires inondent les réseaux sociaux sénégalais « Une parodie de justice » pour les uns, un « acharnement » pour les autres. Sur sa page Facebook, quelques heures après l’audience, maître Patrick Kabou, l’un des avocats de la défense, parle d’une « folie » et dénonce l’absence de preuves concrètes pour motiver ce verdict.
De son côté, la Fédération sénégalaise dénonce un « deux poids deux mesures » par la voix de son secrétaire général, Abdoulaye Saydou Sow. « Les 18 supporters n’ont commis qu’un seul crime, c’est de participer à une finale où leur équipe a gagné. Maintenant, ce qui s’est passé au tribunal n’est qu’une parodie de justice. S’ils ont fait des actes condamnables, la sanction doit être proportionnelle », déclare-t-il à RFI.
Ce que la Fédération déplore, c’est la seule présence de supporters sénégalais devant la cour d’appel de Rabat : « Il y a eu une bataille, une rixe avec des Marocains et des Sénégalais. Ce qui est bizarre, c’est que ce sont seulement les Sénégalais qui sont devant le tribunal. Le monde entier est témoin d’une bataille qui aurait pu se limiter dans les limites du stade, aujourd’hui à une suite extrasportive, et c’est cela qu’il faut dénoncer. »
« Maintenant, nous sommes convaincus que, au-delà de la justice des hommes – nous sommes des musulmans aussi, nous sommes des croyants –, il y a la justice de Dieu. Les 18 supporters qui sont convoqués là-bas, ce sont les 18 millions de Sénégalais. Les Sénégalais continueront de se battre pour la dignité de l’Afrique », conclut Abdoulaye Saydou Sow.
Rétablir les relations entre les « deux peuples frères »
Si l’indignation est unanime, quelques voix s’élèvent pour appeler à dépassionner les débats. C’est le cas de Yaya, supporter dakarois des Lions de la Teranga. Pour cet ancien étudiant à Marrakech, il est temps de surmonter ce moment difficile pour la relation sénégalo-marocaine, et pour les 200 000 ressortissants sénégalais installés au Maroc, selon des estimations de Dakar datées de mars 2025.
« Moi je suis Sénégalais, je vais me comporter en Sénégalais, mais après personne n’y gagne ! Le match est fini, le Maroc et le Sénégal sont toujours là, les deux peuples sont toujours là. Je pense qu’il faut pas que ce match-là ternisse les relations entre deux peuples frères qui ont toujours eu des relations extraordinaires. Il faut que la diplomatie rentre en action », appelle-t-il.
Parmi les 18 supporters sénégalais, neuf d’entre eux écopent d’un an de prison, six sont condamnés à six mois d’emprisonnement et les trois derniers pourront rentrer dans leur pays dans quelques jours après trois mois de détention.
Par RFI

