Le dossier opposant l’Agent judiciaire de l’État au professeur Mamadou Dadhi Baldé, Samuel Koumassadouno et Oumar Yansané a connu son épilogue ce mercredi 15 avril devant le tribunal correctionnel de Kaloum. Le directeur général, le DAF et le comptable du CHU Ignace Deen sont renvoyés des fins de la poursuite.

Traduits devant le tribunal de première instance de Kaloum pour « détournement de deniers publics », le Professeur Dadhi Baldé et ses deux coprévenus gagnent leur procès contre l’État guinéen représenté par l’Agent judiciaire de l’État. Le juge Mamadou Saliou Diallo les a « renvoyés des fins de la poursuite pour délit non constituée. » Il estime que les prévenus n’ont pas détourné les 866 millions de francs guinéens pour lesquels ils étaient poursuivis. Il a ainsi suivi les réquisitions du ministère public, qui avait demandé la relaxe pour les trois responsables d’Ignace Deen. Le procureur avait lui aussi estimé qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour étayer l’accusation de détournement.

C’est la joie chez les prévenus et leurs avocats après un procès qui aura tenu les Guinéens en haleine pendant ces deux dernières années : « Nous étions convaincus de leur innocence dès le début. Les débats ont démontré la même chose… Nous nous réjouissons que d’innocentes personnes soient rétablies dans leur dignité et dans leur liberté. C’est de la satisfaction », déclare maître Lanciné Sylla, un des avocats de la défense.

Dans ses plaidoiries, la défense avait demandé au tribunal de condamner l’État guinéen au paiement d’un montant de 800 millions de francs guinéens aux prévenus pour dommages et intérêts. La juridiction n’a pas pris en compte la requête. Maître Lanciné Sylla n’exclue pas une plainte dans les prochains jours : « Nous avons sollicité la condamnation de l’État au paiement du même montant pour abus de constitution de partie civile. Le tribunal ne s’est pas prononcé sur cette question. Nous déciderons avec nos clients s’il faut poursuivre l’État, parce que c’est une citation directe à sa requête, ou s’il faut s’arrêter là. »

Professeur Dadhi Baldé et Cie étaient accusés d’avoir détourné une partie des recettes générées par le CHU Ignace Deen et de l’argent alloué par le ministère de la Santé comme subvention. Des accusations que les prévenus ont vigoureusement rejetée pendant le procès.

Yacine Diallo