Le Conseil administratif de la préfecture de Coyah (CAP) s’est poursuivi mardi 14 avril, dans la commune rurale de Kouriah. La rencontre réunit les autorités administratives, les services techniques et la société civile autour des grandes priorités de développement local, notamment l’éducation, la santé, les violences basées sur le genre et la lutte contre la consommation de stupéfiants.

Interrogée par La Lance, le président du Conseil préfectoral des organisations de la société civile de Coyah, Alseyni Bangoura, a salué la reprise effective du CAP après une année d’interruption. Il estime que ce cadre de concertation est essentiel pour la planification et la coordination des actions de développement dans la préfecture. Selon lui, la reprise du CAP permet de corriger les dysfonctionnements observés l’an passé et de relancer la dynamique administrative locale. M. Bangoura souligne aussi que les différentes présentations des services techniques ont permis une meilleure compréhension des actions menées et des défis à relever, ouvrant ainsi la voie à une feuille de route commune. Il insiste enfin sur la nécessité d’un suivi rigoureux des décisions prises, afin d’éviter que les recommandations ne restent sans effet sur le terrain.

Éducation

Sur le secteur éducatif, le responsable de la société civile a mis l’accent sur les difficultés liées à la stabilité du personnel enseignant dans les zones reculées, malgré les efforts de l’État. «L’État a mis en place des primes d’encouragement allant jusqu’à 1,5 million de francs pour maintenir les enseignants dans les zones reculées, malgré tout, certains quittent ces localités pour revenir en préfecture, ce qui désorganise les écoles et perturbe la continuité des cours.» Selon lui, cette situation fragilise le système éducatif et appelle les autorités compétentes à renforcer le contrôle et le suivi des affectations, pour garantir une meilleure continuité pédagogique dans les établissements scolaires.

Des participants au CAP de Coyah/Kouriah, le 14 avril 2026

Santé

Abordant la question sanitaire, le président du Conseil préfectoral des organisations de la société civile de Coyah a déploré la déficience d’implication de certaines communes dans la gestion des infrastructures et services de santé, malgré les compétences qui leur ont été transférées. «Les communes ne jouent pas toujours pleinement leur rôle dans la gestion des questions sanitaires, alors que les responsabilités sont clairement définies et doivent être intégrées dans les plans de développement locaux et les plans annuels d’investissement pour améliorer la prise en charge des populations», déplore l’acteur de la société civile. Alsény Bangoura rappelle que la réussite des politiques de santé dépend aussi de la coordination entre l’État et les collectivités locales, ainsi que de l’intégration effective des actions sanitaires dans les plans de développement communautaires.

Violences basées sur le genre : une baisse significative

Touchant les violences basées sur le genre, Alsény Bangoura s’est félicité des efforts conjoints des services de protection et de sécurité, notamment l’OPROGEM, qui ont permis une amélioration notable de la situation. « À Coyah, nous constatons une baisse de plus de 80% des violences basées sur le genre, grâce aux efforts de l’OPROGEM (Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs) et des services compétents, car désormais les auteurs sont sanctionnés. Cela a un effet dissuasif important sur ce fléau. » Selon lui, la répression et la sensibilisation jouent un rôle complémentaire dans la réduction de ce phénomène social.

Consommation de stupéfiants : appel à la responsabilité familiale et sociale

Sur la question de la consommation de drogues et de substances prohibées, le président du Conseil préfectoral des organisations de la société civile a insisté sur la responsabilité partagée entre les familles, l’État et la société. «La lutte contre la consommation de stupéfiants doit commencer dans la famille, car si l’éducation est bien assurée à la maison et que l’État accompagne ensuite, les jeunes peuvent éviter les dérives et se tourner vers des activités génératrices de revenus, pour construire leur avenir.» Et d’appeler à une meilleure implication des parents dans l’éducation et la surveillance des enfants, tout en encourageant les jeunes à s’orienter vers l’auto-emploi et l’entrepreneuriat comme alternatives aux comportements à risque.

Mariama Dalanda Bah,

Envoyée spéciale