Dans le cadre de sa tournée de sensibilisation dans les préfectures de la région administrative de Kindia, le contrôleur général de police et gouverneur de région, Mamadou Camara, était mercredi 22 avril dans la préfecture de Coyah. Il y a rencontré la notabilité et les cadres administratifs.
En ouvrant la rencontre, le préfet de Coyah, Bernard Kamano, a rappelé l’objectif de la visite, axé sur le suivi des politiques administratives et le renforcement de la cohésion sociale. Il a aussi évoqué les principaux défis auxquels sa juridiction est confrontée : « L’urbanisation anarchique, les conflits domaniaux et l’insuffisance des services sociaux de base, notamment l’accès à l’eau potable. »
Dérives liées à la gestion foncière
L’hôte a, quant à lui, longuement insisté sur les dérives liées à la gestion foncière et leurs conséquences sur l’administration locale. « Les conflits domaniaux occupent aujourd’hui une grande partie des activités de la préfecture. Les cadres passent leur temps à gérer ces litiges, au point de ne plus pouvoir se consacrer à d’autres missions. Il est fréquent qu’un même domaine soit vendu à plusieurs personnes. Ces pratiques doivent cesser, car elles freinent le fonctionnement normal de l’administration et le développement de Coyah. »
Mamadou Camara a alerté sur les risques liés au communautarisme dans l’occupation des terres, appelant à préserver la cohésion sociale. « Le communautarisme constaté dans la gestion des domaines peut créer des problèmes à l’avenir. Certaines donations à caractère communautaire, validées par les services administratifs, peuvent engendrer des conflits entre communautés. » Pour préserver la paix et la solidarité à Coyah, indique-t-il, il faut éviter d’installer les populations par « groupes ethniques et promouvoir le vivre-ensemble. »
Occupation des zones à risque
Le gouverneur a par ailleurs dénoncé l’occupation des zones à risques, notamment les flancs de montagnes et les lits des cours d’eau. « Nous avons constaté l’implantation des habitations sur les flancs des montagnes et dans les lits des cours d’eau. Ces zones relèvent du domaine public de l’État et ne doivent pas être attribuées. Ceux qui s’y installent le font à leurs risques et périls, sans documents administratifs. » C’est pourquoi, renchérit l’administrateur, il est nécessaire que les autorités locales « cessent de faciliter l’occupation de ces zones à risques. »
Synergie contre l’insécurité
Sur le plan sécuritaire, le gouverneur de Kindia a invité les forces de défense et de sécurité à adapter leurs stratégies face à l’évolution de la criminalité. « Les délinquants, repoussés des centres urbains, se déplacent vers les zones périphériques où ils trouvent refuge. Il est donc nécessaire de réorganiser les dispositifs de sécurité et d’intensifier les patrouilles, notamment dans ces zones. La police et la gendarmerie doivent agir en synergie pour garantir la sécurité des populations sur l’ensemble du territoire. »
À travers la visite, les autorités régionales entendent renforcer la gouvernance locale et encourager une meilleure gestion des défis liés à l’urbanisation, à la cohésion sociale et à la sécurité dans la préfecture de Coyah.
Mariama Dalanda Bah

