Le gouvernement ivoirien a endossé officiellement la Déclaration pour le droit à l’information au Sahel initiée par RSF en novembre 2024, rejoignant ainsi la Mauritanie, la Gambie et le Liberia. Reporters sans frontières (RSF) salue un engagement fort de la Côte d’Ivoire et appelle les autres États de la région à signer la Déclaration à leur tour et à mettre en œuvre des plans d’action en la matière.

Bonne nouvelle pour le respect et la promotion du droit à l’information au Sahel : le gouvernement ivoirien, par le biais du ministre de la Communication et de l’Économie numérique et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a officiellement endossé, par une lettre signée le 16 avril 2026, la Déclaration de Dakar en faveur du droit à l’information au Sahel portée par RSF. 

« La Côte d’Ivoire a rejoint le Liberia, la Mauritanie et la Gambie en signant la Déclaration pour le droit à l’information au Sahel, un acte qui constitue une avancée significative dans le renforcement de la liberté de lapresse. L’adhésion aux dix principes énoncés dans la Déclaration requiert un plan d’action pour concrétiser cet engagement. RSF continue sa mobilisation et réaffirme son appel aux autres États de la région, notamment ceux de l’Alliance des États du Sahel, à s’inscrire dans cette logique en signant la Déclaration, afin de s’engager à faire disparaître la propagande et la désinformation dans la région », a déclaré Sadibou Marong, Directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF.

Les engagements de la Déclaration sont basés sur des principes de protection pour permettre aux journalistes de l’espace sahélien et au-delà de remplir leur fonction sociale en travaillant librement. Pour le ministre Amadou Coulibaly, l’engagement de son pays s’inscrit “dans la continuité des efforts constants de la Côte d’Ivoire en faveur de la promotion de la liberté de la presse et du droit d’accès à l’information, considérés comme des piliers essentiels d’une gouvernance démocratique”.  

La Déclaration a été lancée en novembre 2024 à Addis-Abeba en Éthiopie, au cours d’une conférence co-organisée par l’UNESCO et l’Union africaine (UA) à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. En octobre 2025, elle a été présentée à plusieurs États au cours d’une conférence régionale sur le droit à l’information au Sahel organisée par RSF à Dakar. La Mauritanie, la Gambie et le Liberia l’avaient endossée publiquement à cette occasion. 

Les dix engagements de la Déclaration sont basés sur des principes de protection pour permettre aux journalistes de remplir leur fonction sociale en travaillant librement. Les pays signataires consentent à mettre tout en œuvre pour :

  1. Reconnaître et garantir le droit à l’information défini par la Déclaration internationale sur l’information et la démocratie comme “la liberté de rechercher et de recevoir des informations fiables et d’y accéder” ;
  2. Autoriser l’accès des journalistes aux zones à risque, telles que les zones de conflit, tout en assurant leur sécurité ;
  3. Garantir que la diffusion d’informations d’intérêt public, en particulier s’agissant d’opérations militaires ou sécuritaires, ne soit pas interrompue ;
  4. Mettre fin à l’impunité des attaques verbales et agressions physiques dont font l’objet les journalistes et s’assurer que leurs auteurs sont poursuivis pénalement ;
  5. Garantir un accès continu à Internet, en particulier durant les périodes d’intense mobilisation sociale comme les élections ou les manifestations publiques ;
  6. Aligner les lois qui encadrent les communications électroniques sur les normes internationales les plus protectrices pour la liberté d’informer des journalistes et le droit à l’information ;
  7. Adopter des lois sur l’accès à l’information publique, en conformité avec les normes internationales en vigueur ;
  8. Promouvoir la qualité de l’information et les sources fiables à travers la reconnaissance de la Journalism Trust Initiative (JTI) comme norme de référence ; 
  9. Soutenir le développement d’une agence régionale de soutien aux médias dont le mandat contribue à protéger la liberté de la presse et le droit à l’information au Sahel, ainsi que l’indépendance et la soutenabilité des médias locaux ;
  10. Collaborer de bonne foi avec les organes internationaux et régionaux indépendants compétents, en particulier le rapporteur spécial pour la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique aux fins de la mise en œuvre de ses recommandations.

La Côte d’Ivoire occupe la 64e place sur 180 pays et territoires dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2025.

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