Cent vingt-deux ressortissants guinéens en situation de détresse ont été rapatriés mardi 14 avril à Conakry par le gouvernement. Ces hommes, femmes, enfants et personnes âgées vivaient depuis plusieurs mois dans des conditions difficiles à Zouérate, au nord de la Mauritanie. Selon leurs témoignages, ils faisaient face à des tracasseries policières répétées, les poussant à lancer un appel à l’aide.

Arrivés à l’aéroport Ahmed Sékou Touré à 17h, ces compatriotes ont été accueillis par les autorités. Ils se réjouissent d’avoir foulé le sol de leurs ancêtres, après plusieurs années à l’étranger. Le cas le plus emblématique est le cas du vieillard Mamadou Saliou Diallo, 100 ans environ dont 67 ans passées en Mauritanie où il a fondé une famille. Ressortissant de la préfecture de Télimélé, retrouver sa terre natale est une joie immense pour le doyen. « J’ai des enfants qui sont dans l’armée Mauritanienne, mais j’ai toujours tenu à retourner un jour en Guinée, ma terre natale. C’est pourquoi j’ai fait en sorte que toutes mes filles soient mariées à des Guinéens. » C’est à peine qu’il marche, le vieillard a expliqué qu’il est allé en mission en Mauritanie sous le régime Sékou Touré, pour aider l’ancien président Moktar Ould Daddah en compagnie de sages-femmes et de Fodéba Keita. Depuis, il n’est plus revenu.

Le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, accueillant le Doyen
Mamadou Saliou Diallo à l’aéroport de Conakry

Fatoumata Barry explique que les tracasseries policières en Mauritanie ne lui ont pas donné le choix de rester. Il fallait revenir. C’est pourquoi, elle remercie les autorités ayant facilité son retour : « Nous avons vraiment souffert là-bas. Les policiers nous poursuivaient jusque dans nos maisons, ils nous maltraitaient et prenaient nos biens. Nous étions obligés de nous confiner, donc il était difficile pour nous d’aller même acheter à manger. Parce que les policiers nous traquaient partout. Je remercie le président Mamadi Doumbouya. »

Selon Amadou Oury Diallo, les Guinéens sont les plus visés dans cette traque engagée par la Mauritanie depuis l’année dernière, au mois de ramadan. « Même quand nous avons nos passeports à jour, il était difficile pour nous d’avoir des cartes de séjour ou des cartes de résidence. Vivre en Mauritanie est vraiment compliquée pour les étrangers. C’est pourquoi, nous remercions le président Mamadi Doumbouya et son gouvernement d’avoir facilité notre retour au pays, où nous ne craignons rien ».

En attendant leur intégration, ces Guinéens sont en lieu d’accueil à Jean Paul 2, dans la commune de Ratoma.

Ibn Adama