Le tribunal de première instance de Coyah a examiné, lundi 20 avril, une affaire de viol présumé impliquant une fillette de 5 ans. À la barre, l’accusé, un certain Ibrahima Sory Diallo, cinquantenaire, maçon, conteste les faits qui lui sont reprochés.
Devant les autorités judiciaires, l’accusé affirme connaître la victime Aïcha Bangoura. « Je la connais très bien, c’est la fille d’un voisin. C’était le dimanche 24 novembre. Ce jour-là, je partais assister à une cérémonie de baptême. J’étais de passage devant chez eux. Il y a un boutiquier dans un conteneur. Arrivé là-bas, j’ai pris 5 000 GNF, je voulais acheter des cigarettes. Mais le boutiquier n’avait pas de monnaie. Je lui ai dit de m’aider à avoir un peu d’argent, parce que là où je vais, je dois contribuer, mais il a dit que son grand frère était venu la veille et a pris tout l’argent. Soudain, la petite Aïcha Bangoura est venue vers moi… »
Selon sa version, l’enfant se serait approchée de lui volontairement, après plusieurs interactions habituelles dans le voisinage. « Souvent, quand je viens acheter quelque chose, elle vient toujours vers moi pour me demander quelque chose. Ce jour-là, elle était un peu sale. J’ai dit : “Pourquoi es-tu sale comme ça ? Tu ne t’es pas lavée hier ?” Elle a répondu : “Ma maman est en train de travailler, après elle va me laver.” Ensuite, je lui ai demandé : “Tu veux quoi ?” Elle a dit : “Je veux que tu m’achètes du pain.” J’ai dit au boutiquier de lui donner un pain de 1 000 GNF, mais il a refusé. J’étais en colère contre lui. J’ai dit à Aïcha d’aller chez une vendeuse de haricots, pour que je lui en achète. Mais la vendeuse n’y était pas ce jour-là. Il y avait des jeunes qui jouaient au foot. Je leur ai dit de veiller sur elle, comme c’est une petite fille, je vais aller aux toilettes. J’ai donné à Aïcha 5 000 GNF pour ne pas qu’elle me suive. Je suis parti aux toilettes, mais j’ai trouvé que c’était fermé », a-t-il relaté.
Poursuivant, Ibrahima Sory affirme avoir été interpellé par des jeunes du quartier ayant contesté sa présence avec la fillette et l’ont accusé de comportements inappropriés. « Comme j’avais une boule de chanvre indien, je me suis assis un peu en haut pour arranger, lorsque Aïcha m’a trouvé là-bas. Je lui ai dit : “Je ne t’avais pas dit de m’attendre ?” Mais elle avait une mine serrée. J’ai dit : maintenant, tu vas m’attendre, je vais finir de fumer.” J’étais sur une hauteur. Je l’ai fait monter et l’ai posée sur ma jambe. Soudain, deux petits m’ont trouvé là et ont demandé : “Qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi es-tu avec la fillette ?” J’ai répondu “Je l’avais laissée dehors et confiée à des jeunes, mais elle est venue me trouver pendant que je prenais ma poudre.” Le petit m’a dit : “Tu es soûlard, c’est comme cela que vous violez les gens. De discussion en discussion, ils m’ont copieusement bastonné, mais je tenais toujours la fille pour ne pas qu’elle tombe. »
Il déclare avoir ensuite été conduit au commissariat, où il a donné sa version des faits. Une enquête médicale aurait été ordonnée, afin de vérifier les accusations. « Finalement, ils ont fait appel à leurs parents et je leur ai donné ma version des faits. Quand la mère de la fille est venue, elle a dit : “Ah, c’est tonton, lui, je le connais.” Mais ils m’ont conduit au poste de police de Kountia. Là-bas aussi, j’ai donné ma version des faits au commissaire, tout comme les jeunes. Le commissaire a dit d’envoyer la fille à l’hôpital, pour vérifier si elle avait été touchée. Après l’hôpital, ils sont revenus avec ma maman et ont donné le certificat médical au commissaire, qui a regardé et dit qu’il n’y avait pas eu de viol. Mais on m’a maintenu en garde à vue », a longuement expliqué Ibrahima Sory, le mis en cause.
Après son audition à la barre, l’affaire suit son cours devant la juridiction. Le procès est renvoyé au mercredi 22 avril.
Mariama Dalanda Bah

