Le tribunal de première instance de Coyah a procédé ce lundi 20 avril, à l’ouverture de la première session des audiences criminelles. Une quarantaine de dossiers sont à éplucher par la juridiction.

Selon le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Coyah, Moustapha Mariama Diallo, 40 dossiers sont inscrits à l’audience, répartis en deux compositions. « La première, qui se tiendra dans la salle principale du tribunal, examinera 21 dossiers, tandis que la seconde composition, prévue dans une autre salle de la commune urbaine, portera sur 19 dossiers », a-t-il précisé. Indiquant que les accusés sont poursuivis dans des dossiers distincts et selon différentes procédures. « Il y a, par exemple, des procédures où il s’agit d’infractions d’assassinat, de meurtre. Il y a aussi des cas de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort. Il y a beaucoup de procédures de viol. »

Face à la gravité des faits, le parquet entend faire toute la lumière sur chaque dossier, afin que justice soit rendue. « Et c’est pourquoi, nous allons essayer de juger pour que les hommes soient situés sur leur sort, pour que ceux qui sont responsables soient retenus proportionnellement aux faits qu’ils ont commis, et pour voir aussi ceux qui sont innocents dans les procédures, qu’ils soient acquittés. » Parce qu’aucun innocent, renchérit t-il, « ne sera condamné, mais je vous assure qu’aucun responsable d’un fait ne sera acquitté. »

Pour sa part, maître Abdoulaye Keïta, avocat au Barreau de Guinée, a apporté des éclairages sur les différentes possibilités en matière de défense criminelle, en s’appuyant sur le Code de procédure pénal. « En matière criminelle, il y a deux possibilités. La première possibilité, vous reconnaissez les faits. La deuxième, vous ne les reconnaissez pas. Si vous reconnaissez les faits, on plaide coupable et on demande les circonstances atténuantes en application de l’article 116 du Code de procédure pénal. Et si vous ne reconnaissez pas, s’il n’y a pas de preuves, on demande l’application de l’article 544 du Code de procédure pénal. »

Sécuriser davantage la population

L’avocat a aussi insisté sur la nécessité de renforcer la sécurité pour protéger les citoyens. « Il faut prendre toutes les mesures draconiennes pour accompagner la sécurité de la population. Sinon, les criminels, les bandits à cols blancs se promènent dans les quartiers nuit et jour avec des armes. Donc, la gendarmerie, la police et l’armée, en général, doivent prendre toutes les dispositions pour remédier à cela. »

Le préfet de Coyah, Bernard Kamano, estime que la tenue de cette audience criminelle constitue une réponse forte de l’État face à l’insécurité. « Le tribunal va siéger pour décider du sort de tous ceux qui ont commis du tort à des personnes. Cela signifie également que nos services de sécurité, la police et la gendarmerie, sont en train de travailler. Grâce à eux, les suspects sont interpellés, les preuves sont réunies et les dossiers sont transmis au tribunal. La collaboration entre le tribunal et les services de sécurité permet aujourd’hui de juger [ces présumés malfrats]. »

Bernard Kamano a enfin invité les citoyens à suivre ces audiences pour mieux comprendre les actions engagées par les autorités judiciaires. « Il y en a qui ont perdu leurs parents, il y en a qui ont été agressés. Ils doivent savoir la réponse que l’État a réservée à ces personnes-là… »

Cette session criminelle s’annonce déterminante pour de nombreuses affaires en attente, avec pour objectif de rendre justice dans le respect des procédures et des droits de chacun.

Mariama Dalanda Bah