Le Bloc libéral (BL) a animé, mercredi 17 juin, une conférence de presse pour exposer les motifs de son recours devant la Cour suprême dans le cadre du contentieux électoral. Au cours de la rencontre, Me Thierno Souleymane Baldé, avocat du parti, et Faya Lansana Millimouno, leader du Bloc Libéral, ont dénoncé de nombreuses irrégularités qu’ils estiment avoir affecté la sincérité des scrutins législatif et communal du 31 mai dernier.

Me Thierno Souleymane Baldé a rappelé l’importance du respect des règles juridiques pour garantir la crédibilité des élections. Selon lui, « il y a des règles de droit qui ont été établies et un principe qui doit être respecté, si en tout cas nous voulons avoir des élections libres, transparentes et crédibles. Mais l’idée malheureusement dans notre pays, c’est juste de dire des élections ont été organisées, la population s’est exprimée et ça s’arrête à ce niveau-là. Cela pose un problème assez important au niveau de l’évolution de notre société », estime-t-il.

L’avocat du Bloc libéral a également contesté les chiffres publiés par la Direction générale des élections (DGE). D’après lui, les procès-verbaux de centralisation obtenus par son parti donnent des résultats différents de ceux annoncés officiellement. « Selon les résultats annoncés par la Direction générale des élections, le Bloc Libéral n’a obtenu que 68 690 voix. Alors que selon les procès-verbaux de centralisation obtenus au niveau des CACV, le Bloc libéral a obtenu 138 496 voix. (…) Donc en tout, il y a à peu près 67 808 voix qui ont été soustraites des comptes concernant le suffrage valablement exprimé et obtenu par le Bloc libéral. Au lieu d’avoir un seul député, le Bloc libéral devrait avoir au moins trois députés. Et là, ce n’est pas une question d’opinion », précise l’avocat, tout en affirmant que le recours introduit devant la Cour suprême repose sur des éléments de preuve matériels et documentés. Me Baldé soutient que les résultats issus des procès-verbaux légalement établis doivent être pris en compte, afin que la décision finale reflète fidèlement la volonté exprimée par les électeurs.

« Les élections qui viennent de se passer ont été les plus catastrophiques de l’histoire politique de notre pays », pense Faya Millimouno

Pour Faya Millimouno, les irrégularités ont commencé dès l’ouverture des opérations de vote. Il a notamment évoqué des difficultés liées à la disponibilité des procès-verbaux dans plusieurs localités du pays. « La manipulation électorale commence au niveau des bureaux de vote même. (…) Dans certaines localités, les procès-verbaux ont été acheminés par hélicoptère à 2 heures du matin. (…) Donc à ce niveau-là, il y a eu un manque de transparence. Les seuls vrais résultats sont ceux qui sont sortis des bureaux de vote, dont le dépouillement a été fait devant tout le monde et le procès-verbal a été établi devant tout le monde. Dans bien des cas, nos délégués n’ont pas été acceptés même dans les CACV », déplore l’acteur politique.

Faya Millimouno a ensuite porté une appréciation sévère sur le déroulement du scrutin. « On peut simplement conclure en disant que les élections qui viennent de se passer ont été les plus catastrophiques de l’histoire politique de notre pays. Et nous encourageons la Cour à veiller au respect de la souveraineté populaire, parce qu’il s’agit de ceux qui vont représenter les intérêts du peuple de Guinée. »

Interpellé sur sa récente tribune critiquant les missions d’observation électorale, Faya Millimouno a expliqué qu’il souhaitait attirer l’attention sur les limites du système actuel d’observation. « Aujourd’hui, l’observation, ce n’est pas pour que la vérité des urnes apparaisse, c’est pour valider un mensonge. (…) C’est ce que j’ai voulu dire à travers ma tribune. Je sais qu’ils ont été titillés, mais en fait, ils observent pour ne rien voir. »

A travers sa conférence de presse, le Bloc libéral réaffirme sa confiance dans la procédure judiciaire engagée devant la Cour suprême et espère que les éléments de preuve présentés permettront d’établir les résultats qu’il considère conformes à la volonté populaire exprimée lors du dernier double scrutin législatif et communal du 31 mai dernier.

Mariama Dalanda Bah