Le prési Mamadi Doum-bouillant a remanié le 27 juillet le goubernement du PM Amadeus Oury Bah. On note l’entrée de quatre nouveaux ministres dont Bintou Keita, fonctionnaire internationale qui entend s’inscrire dans la continuité des réformes engagées au mystère de l’Éducation nationale.  

A l’Éducation, (Bintou) Keita succède à (Alpha Bacar) Barry, désormais ministre de l’Élevage.  Au grand dam des Kaba et des Sow. La nouvelle promue ambitionne d’instaurer une gouvernance fondée sur « l’excellence, la transparence et la culture du résultat. » Lors de sa prise de ponctions le 29 juillet, elle a décliné son approche et ses ambitions. Confiante du potentiel guinéen, la nouvelle ministre a souligné l’importance de consolider les acquis et de poursuivre les réformes.

« L’action publique s’inscrit toujours dans la durée. Elle ne saurait être interrompue à chaque changement de responsable. C’est pourquoi, je place mon mandat sous le signe de la continuité des réformes engagées, conformément à la lettre de mission assignée au département. Les priorités qui y sont définies ne pourront être atteintes que grâce à un engagement collectif », a-t-elle déclaré. « Je suis quelqu’un qui s’inscrit dans la poursuite d’une excellence extrêmement exigeante, d’abord envers moi-même, puis envers l’ensemble de mes collaborateurs et collaboratrices », a-t-elle renchéri. Persuadée que les « résultats ne s’obtiennent pas par hasard, ils sont le fruit d’un suivi constant. »

Une carrière onusienne bien remplie

Peu connue des Guinéens, Bintou Keïta a occupé des hautes fonctions au sein des Nations unies. Née en 1958 en Guinée, elle poursuit ses études supérieures en France, où elle obtient une maîtrise en économie sociale à l’Université Paris II Panthéon-Assas. Puis, un diplôme d’études supérieures en administration et gestion des entreprises à l’Université Paris IX-Dauphine.

Elle rejoint les Nations unies en 1989 et y construit une carrière de plus de 30 ans, marquée par des responsabilités dans les domaines du développement, de l’humanitaire, de la paix, de la sécurité et des droits humains.

Bintou Keita a exercé dans plusieurs pays africains, notamment au Tchad, au Burundi, au Rwanda, à Madagascar, aux deux Congo, au Cap-Vert, en Sierra Leone, où elle coordonne la réponse des Nations unies à l’épidémie d’Ébola en 2015.

Son expertise en matière de prévention et de gestion des conflits lui ouvre les plus hautes fonctions au sein de l’organisation. En 2017, elle est nommée Sous-secrétaire générale chargée des opérations de maintien de la paix, avant d’être promue, en 2019, Sous-secrétaire générale des Nations unies pour l’Afrique.

Nouveaux défis

En janvier 2021, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, la nomme Représentante spéciale en République démocratique du Congo et cheffe de la MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo). Bintou Keita devient ainsi la première nounou originaire d’Afrique subsaharienne à diriger cette mission de maintien de la paix.

Après plus de trois décennies à l’international, sa carrière se poursuit désormais en Guinée. Sa nomination par le prési Doum-bouillant marque le retour au bled d’une diplomate expérimentée en gouvernance, réformes et gestion de crises.

À la tête du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, les crises et le besoin de réformes ne manquent pas. Bintou Keita y est attendue sur plusieurs chantiers majeurs : amélioration de la qualité des apprentissages, renforcement de la gouvernance du système éducatif, développement de l’alphabétisation, modernisation de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (excusez du peu !), pour mieux répondre aux besoins de développement socioéconomique de la Guinée en matière d’éducation. Vaste programme.

Mariama Dalanda Bah et

 Kadiatou Diallo