Un drame sanitaire a secoué la sous-préfecture de Doko, dans la préfecture de Siguiri, vendredi 5 juin. Makassia Traoré, 20 ans, a perdu la vie dans des circonstances troublantes après avoir reçu des soins dans une clinique clandestine de la localité.

Selon les premières informations rapportées par les autorités sanitaires, la victime aurait reçu une injection de « Novalgin » avant de développer de graves complications. Face à la dégradation rapide de son état, Makassia Traoré a été évacuée vers le poste de santé de Tonsö où elle a finalement rendu l’âme, malgré les tentatives de prise en charge.

Le médecin légiste de l’hôpital préfectoral de Siguiri, Dr Abdoulaye Bachir Condé, indique que les premières constatations médicales orientent vers « l’administration d’un produit potentiellement dangereux ». Il rappelle que le Novalgin ne figure plus sur la liste nationale des médicaments autorisés en Guinée, en raison des risques importants qu’il présente pour la santé. « C’est un produit proscrit. Il a été retiré du circuit à cause de sa toxicité », a expliqué le spécialiste, précisant que ce médicament peut provoquer une chute brutale des globules blancs, affaiblir considérablement le système immunitaire et entraîner un choc anaphylactique susceptible d’être fatal sans une prise en charge immédiate. Selon le Dr Condé, les manifestations observées chez la victime sont compatibles avec les complications fréquemment associées à l’utilisation de ce produit.

À la suite du drame, souligne Dr Condé, les agents du poste de santé ayant reçu la patiente ainsi que les responsables de la clinique incriminée ont été interpellés par les services de la gendarmerie. « Une enquête a été ouverte, afin de déterminer les circonstances exactes du décès et d’établir les éventuelles responsabilités ».

Mariama Dalanda Bah