Le Tribunal de première instance de Kindia a condamné, le 7 juillet, sept candidats au baccalauréat à un mois de prison ferme pour fraude. Pris en flagrant délit de tricherie dans les centres d’examen de la Cité des agrumes, ces bacheliers imprudents, parmi lesquels figure une jeune nourrice, purgent déjà leur peine à la prison civile locale.
L’opération « tolérance zéro » contre les fraudeurs aux examens nationaux vient de faire ses premières victimes judiciaires à Kindia. Sept candidats, dont trois filles, ont confondu la salle d’examen à la cour du roi Pétaud. Pris au piège, la sentence est tombée plus vite que les résultats du baccalauréat : chacun d’eux écope d’un mois de prison ferme.
Selon le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, les fraudeurs ne manquaient pas d’imagination pour contourner la vigilance des surveillants. Si certains se transmettaient sagement les brouillons dans la salle, d’autres avaient réussi à introduire des documents d’une manière assez discrète, dissimulés jusque dans les sous-vêtements. Une stratégie de dissimulation qui n’a pourtant pas réussi à échapper aux yeux de lynx des surveillants en salle.
Une maman derrière les barreaux
Pour le chef du parquet, les coupables s’en tirent plutôt bien. La loi guinéenne prévoit jusqu’à trois ans de prison pour ce type de délit, le tribunal a choisi d’appliquer la peine minimale d’un mois. Une décision qui se veut avant tout une leçon pour les futurs candidats. Le magistrat rappelle d’ailleurs que l’État investit d’énormes efforts pour garantir des diplômes mérités et invite les parents à veiller sur les révisions de leurs enfants, plutôt que de les laisser exceller dans la fraude.
L’audience était pleine d’émotion, notamment lors de l’examen du cas d’une candidate nourrice. Malgré la compassion du public, la justice est restée de marbre, en tenant la balance égale envers tout le monde.
Pour les sept candidats, l’aventure du baccalauréat s’arrête ici, et les révisions de rattrapage se feront, cette fois-ci, à l’ombre de la maison d’arrêt de Kindia.
Aïssatou Bah

