Le jeudi 27 août, le parquet près le tribunal de première instance de Kaloum a requis la condamnation au paiement d’un million de francs guinéens contre trois responsables syndicalistes de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). Les prévenus, qui plaident non coupables, sont jugés pour « outrage à agent, violences et voie de fait. »

Les débats dans le dossier qui oppose les responsables syndicaux, Aboubacar Sidiki Camara, Momo Camara et Aboubacar Yansané au plaignant Daouda Sankhon, garde du corps du Gouverneur de la BCRG, ont été clos le 24 août. Ce jeudi, dès l’ouverture de l’audience à 14h, la partie civile a pris la parole la première. Elle estime que les prévenus sont dans les liens de la culpabilité. « Ils sont venus voir de force le Gouverneur de la BCRG. Chose que mon client a refusé, parce qu’il protège l’intégrité physique du Gouverneur. Et les syndicalistes n’avaient pas de rendez-vous avec le Gouverneur. Ils sont coupables de ces faits. »
Pour la répression, l’avocat du plaignant réclame 100 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts. « Mon client a été victime de préjudices qui l’ont bouleversé », insiste le conseil de la partie civile.

Le ministère public abonde dans le même sens. Le magistrat debout déclare que les faits reprochés aux sydicalistes sont avérés : « Douze syndicalistes viennent crier sur l’adjudant-chef Daouda Sankhon, le bousculer à travers la porte. Son autorité a été bafouée. »

Le procureur requiert de retenir les prévenus dans les liens de la culpabilité et de condamner chacun d’eux au paiement d’une peine pécuniaire de 1 million de francs guinéens. « Momo Camara pour les gestes, Aboubacar Yansané et Aboubacar Sidiki Camara pour leurs propos », précise-t-il.

A contrario, le collectif de la défense rétorque qu’aucun élément, qu’aucune preuve n’a été « rapportée par le ministère public devant le tribunal. » La défense estime que les réquisitions du ministère public sont « malfondées » et la demande de la partie civile « fantaisiste. » Elle demande au tribunal de renvoyer ses clients à des fins de la poursuite pour délit non constitué.

La défense souligne aussi que la plainte du plaignant est « abusive et infondée ». Par conséquent, elle demande à son tour le paiement de 100 millions de francs guinéens par le plaignant au bénéfice de ses clients.

Les plaidoiries de la défense se poursuivent. Le délibéré est attendu vendredi 28 août, dans l’après-midi.

Souleymane Bah