Depuis le 13 septembre, des immeubles bordant l’aéro-hangar international Ahmed Sékou Tyran ont été marqués par des agents du mystère de l’Usurbanisme, de l’habitat indécent et de l’aménagement du trottoir. Moins d’une semaine après, leur démolition a démarré. Les occupants se demandent où donner de la tête.

La casse de maisons continuent à Cona-crime. Après celles de Dar-Es-Salam à la suite de l’éboulement du 23 août dernier, le marquage d’autres à Kakimbo en août, plusieurs autres bâtiments ont été démolis à Gbessia. Des édifices de R+6, R+5, R+3, entre autres, surplombant l’aéro-hangar AST. Ce sont des agents du mystère de l’Usurbanisme qui ont passé à l’action. Les occupants de ces logis affirment n’avoir reçu aucun avertissement. Des agents du mystère de l’Urbanisme, des pandores ont surgi devant leurs concessions et leur ont donné 48 heures, pour évacuer les lieux. Pour « des raisons de sécurité de l’État », déclare Amadou Camara à Afrcaguinee.com, rapportant les propos des agents cocheurs. Amadou Camara ajoute qu’il a acquis sa propriété depuis 1972.

Dans une vidéo ayant circulé sur les réseaux sociaux, Alpha Saliou Diallo, occupant d’un immeuble R+3, déclare que son bâtiment était sa maison de retraite qu’il a bâtie depuis des années. Il dit détenir tous les papiers requis pour sa construction. Il dénonce « une façon inquiétante » de déloger des personnes. « J’ai le titre foncier, les certificats de donation, de propriété, de sondage ainsi qu’une autorisation de construction, tous sont authentiques. » Alpha Saliou se dit conscient, qu’en cas de besoin pour utilité publique, l’État peut récupérer n’importe quel domaine sur le territoire, mais, estime-t-il, « l’État pouvait nous dire : comme nos immeubles font face à l’aéroport, de fermer hermétiquement toutes les fenêtres ou portes faisant face à l’aéroport. Il peut aussi racheter ces bâtiments, sans qu’on ne casse aucun ».

Le 18 septembre, la plupart des appartements des bâtiments cochés que nous avons visités sont désertés par leurs opposants. À Camounyah, près du Marché-Tanènè, sur l’autoroute Fidel Casse-trop, des occupants d’un immeuble de R+6 ont démonté leurs climatiseurs, avant de plier bagage. « Tout le monde est parti », déclare l’un d’eux. Plusieurs autres bâtiments non loin de l’aéro-hangar, sont décoiffés. Sur d’autres édifices concernés, des fantassins sont visibles.

Un R+6, près du pont de l’aéroport, est en cours de démolition. Des ouvriers en gilet, casque sur la tête, sont à pied d’œuvre. Du 6e étage du bâtiment, ils démolissent les murs de l’immeuble, à l’aide des pioches et des marteaux. Au pied du bâtiment, des agents sont visibles. Un camion-benne et un caterpillar du génie militaire sont postés derrière la cour de l’édifice.

D’aucuns susurrent que les édifices aux alentours de l’aéro-hangar ne devraient pas dépasser deux étages. En attendant que les agents du mystère de l’Usurbanisme ne délient leurs langues, il semble qu’on se fait du souci pour la sécurité des coucous qui décollent et atterrissent à Cona-cris.

Souleymane Bah