Abdoulaye Sow, Secrétaire général de la Fédération Syndicale Autonome des Banques et Assurances de Guinée (FESABAG) a comparu pour la deuxième fois devant le tribunal de première instance de Kaloum ce jeudi 21 juillet. Accusé de non-respect à la justice, outrage à magistrats et injures, le prévenu a nié les faits, à l’ouverture de son procès le mardi, 19 juillet. Après les plaidoiries et réquisitions ce jeudi, le juge a renvoyé l’audience à demain vendredi 22 juillet, pour rendre sa décision. Il a donc maintenu Abdoulaye Sow en prison.

Dès l’entame des plaidoiries, la partie civile qui est l’Association des magistrats a désisté pour, dit-elle, préserver la quiétude sociale. Mais les avocats ont tenu à préciser que le dossier ne doit pas être politisé encore moins être utilisé à des fins de chantage. Tout le monde est justiciable, quel que soit son rang social, a soutenu Me Almamy Samory Traoré, avocat de la partie civile, qui a plaidé pour la relaxe d’Abdoulaye Sow. «Nous ne voulons pas vous voir en prison, même si vous avez commis une infraction à la loi», lui a-t-il lancé. Me Pépé Antoine Lama, également avocat de la partie civile, a révélé que ce sont des proches d’Abdoulaye Sow qui ont approché la partie civile, pour obtenir le désistement : «Ils avaient demandé au juge de libérer le syndicaliste et de rendre la décision sur siège».

 Le procureur a requis la condamnation du syndicaliste à 6 mois d’emprisonnement ferme et 1 million de francs guinéens d’amende. Parce que, selon lui, les magistrats ont été atteints dans leur dignité. « Monsieur le président, il faut condamner Abdoulaye Sow pour qu’il serve d’exemple. Si vous le libérez, vous donnez l’occasion au peuple de Guinée à insulter les magistrats. C’est l’impunité qui amène la récidive ».

Réplique des avocats de la défense qui ont demandé la relaxe pure et simple. Il n’y a aucune infraction à la loi. Pour Me Alsény Aïssata Diallo, en disant des « magistrats véreux », Abdoulaye Sow n’a commis aucune infraction, parce que, selon lui, il y a certains magistrats qui, par leur décision, ternissent l’image de la magistrature. Il a rappelé que l’ancien président Alpha Condé avait demandé que la liste des magistrats suspendus par le Conseil supérieur de la magistrature soit publiée. Mais le président du tribunal a rétorqué que c’est une loi qui protège les magistrats, c’est pourquoi, la liste des magistrats suspendus n’est pas publiée. Et Me Alsény Aïssata de soutenir qu’il existe bel et bien des « magistrats véreux » qui ont toujours accompagné la mauvaise gouvernance. D’où le retard du pays et la régression sur le plan de la protection des droits humains. Il pense que ce sont eux qui doivent être dénoncés. Pour cela, Abdoulaye Sow ne doit pas être condamné : « Monsieur le président, nous vous demandons de libérer cet éminent syndicaliste, Abdoulaye Sow qui défend les travailleurs et le travail».

La décision est attendue demain. D’ici-là, le syndicaliste retourne en prison. Abdoulaye Sow est accusé « d’atteintes au respect dû à la justice, diffamation et injures à l’encontre de l’institution judiciaire et des magistrats ».

Rappelons que c’est suite à une déclaration de la FESABAG, suivie d’une assemblée générale qui dénonce une décision de justice qui condamne Ecobank et Afriland First Bank que Abdoulaye Sow a été convoqué à la Direction centrale de la Police Judiciaire, puis déféré au TPI de Kaloum et écroué à la Maison centrale de Coronthie. Un tribunal aurait condamné Ecobank au payement de 260 milliards de francs guinéens, au préjudice de la société Hamana. A Afriland First Bank, au payement de 17 milliards de francs guinéens au préjudice de la Société Africaine de Commerce Alimentaire (SACA). Le syndicat estime que l’exécution de ces décisions occasionnerait la fermeture de ces banques et donc entraînera des pertes d’emplois.

Ibn Adama