Dimanche 22 février, le match opposant le Hafia FC à l’AS Kaloum, comptant pour la 17ᵉ journée de la Ligue 1 Guicopres, a été émaillé de violences entre supporters, entraînant d’importantes dégradations du stade Petit Sory, à Nongo (commune de Lambanyi). La Ligue guinéenne de football professionnel (LGFP) et le ministère des Sports annoncent des sanctions.
À domicile, le Hafia FC a confirmé sa dynamique en s’imposant 2-0 face à l’AS Kaloum grâce à une prestation solide devant son public. Ce succès permet au club de l’homme d’affaires Kerfalla Person Camara de monter à la 3ᵉ place du classement avec 36 points. Mais il n’a pas été sans conséquences. La rencontre a été interrompue par des violences.
Tout a basculé à la suite d’une décision arbitrale litigieuse. Après un but refusé à l’AS Kaloum pour une main signalée, la frustration des supporters du club de la presqu’île a rapidement dégénéré. Mécontents de voir leur équipe jusque-là invaincue en championnat s’incliner, des supporters se sont attaqués aux installations du stade. Plusieurs équipements ont été détruits, notamment de sièges arrachés puis jetés sur la pelouse. Des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux témoignent de l’ampleur des dégâts.
La situation est devenue hors de contrôle lorsque des altercations physiques ont éclaté entre supporters surexcités et forces de sécurité. L’usage de gaz lacrymogènes et les mouvements de foule ont finalement contraint les officiels à mettre fin à la rencontre afin de préserver l’intégrité physique des acteurs.
Silence du Hafia
Interrogés, les responsables du Hafia FC n’ont fait aucune déclaration, préférant laisser la gestion du dossier à la Ligue guinéenne de football professionnel (LGFP). Celle-ci a dans la foulée publié un communiqué, pour condamner « avec la plus grande fermeté les incidents regrettables survenus à l’occasion du match opposant le Hafia FC à l’AS Kaloum… »

La LGFP dénonce des faits « inacceptables et contraires aux valeurs du sport, du fair-play et du respect des infrastructures sportives. » Elle annonce des mesures disciplinaires et des sanctions appropriées dans les plus brefs délais. Elle rappelle également que la sécurité et la préservation des infrastructures relèvent d’une responsabilité collective, réaffirme sa politique de tolérance zéro contre la violence dans les stades.
Le mea-culpa de Bouba Sampil
Si l’AS Kaloum ne s’est pas exprimée officiellement en tant que club, son propriétaire, Boubacar Dinah Sampil, président destitué de la Fédération guinéenne de football, a présenté ses excuses sur sa page Facebook. Exprimant sa déception après la défaite, il a reconnu la gravité des faits : «La défaite d’aujourd’hui est difficile à accepter, mais ainsi va le football… Cependant, nos réactions doivent toujours rester dans la discipline et le respect… Des dégâts ont été causés, ce qui est déplorable et ne doit jamais exister dans le football. Les investissements privés doivent être protégés. C’est pourquoi la direction de l’AS Kaloum présente ses excuses au Hafia pour les dommages survenus, fruits d’une passion mal exprimée…»
Nouvelles mesures
Au lendemain des violences, le ministère de la Jeunesse et des Sports a exprimé son indignation. Le département condamne «avec la plus grande fermeté» ces actes qui ont perturbé la rencontre et dégradé le stade Petit Sory.
Après concertation avec la Fédération guinéenne de football, le ministère annonce : l’ouverture immédiate d’une enquête conjointe avec la Féguifoot et la sécurité ; le renforcement du dispositif sécuritaire dans les stades ; l’application de sanctions disciplinaires contre tout acteur défaillant et le lancement d’un plan national de sécurisation des compétitions sportives (formation de stewards, amélioration des infrastructures, responsabilisation des clubs).
Le ministère invite la Fédération guinéenne de football à prendre les dispositions nécessaires pour garantir la sécurité des compétitions et préserver l’image du football guinéen.
Des dégâts coûteux
Ce n’est pas la première fois que le stade Petit Sory, qui reçoit constamment de compétitions de football et des événements culturels, est victime de débordements de supporters. Selon une source proche de la Fédération guinéenne de football, des réparations d’urgence sont prévues pour remettre le stade en état d’abriter les prochaines rencontres. On estime les dégâts à plus de 50 millions de francs guinéens.
Ce nouvel épisode relance le débat sur la sécurité dans les stades guinéens, la préservation de la crédibilité et de l’image du championnat national.
Abdoulaye Bah


