L’Association sportive de Kaloum hausse le ton après les incidents survenus lors du match contre le Hafia FC au stade Petit Sory le 22 février. L’ASK a contesté les sanctions pécuniaires qui lui sont infligées suite aux événements intervenus lors de la rencontre perdue (2-0) face au Hafia FC, lors de la 17ᵉ journée du championnat de Ligue 1.
Dans des courriers adressés au ministre de la Jeunesse et des Sports et à la Commission normes, éthique et discipline de la LGFP le 2 mars, le club dénonce des mesures prises sans procédure contradictoire et sollicite une médiation institutionnelle. L’AS Kaloum affirme n’avoir été «ni convoqué ni associé à une procédure d’instruction», malgré l’annonce d’une enquête le 23 février. Il conteste notamment la facture de 178 millions GNF à lui infligé pour des dommages matériels, à laquelle s’ajoute une amende de 16 millions GNF, soit un total de 194 millions de francs guinéens, à verser dans un délai de huit jours «sous peine d’exclusion du championnat».
Dans sa correspondance adressée au ministère de la Jeunesse et des Sports, l’ASK met en exergue plusieurs facteurs ayant conduit aux violences et à l’arrêt de la rencontre, notamment des faits de jeu et une insuffisance du dispositif sécuritaire. Le club rappelle que «la responsabilité première du maintien de l’ordre incombe au club organisateur et au gestionnaire du stade». Il dénonce aussi un «climat de suspicion» lié à une «perception de conflit d’intérêts», évoquant des «liens économiques» entre le sponsor Guicopres et une des parties prenantes.
Déplorant les incidents, l’ASK s’oppose au point 3 des sanctions, relatif au remboursement des frais des sièges endommagés. Il sollicite une contre-expertise de la facture établie par la direction du stade Petit Sory concernant les réparations. « L’AS Kaloum reconnaît le caractère regrettable des incidents et a entrepris une démarche responsable en présentant ses excuses au Hafia FC. Le club accepte le principe d’une réparation, mais uniquement après une expertise indépendante et impartiale et une décision motivée, susceptible de recours, dans le cadre d’une procédure régulière », précise la direction, qui sollicite la médiation du ministère des Sports et un arbitrage administratif impartial, pour régler le différend.
Une sanction disproportionnée ?
Le courrier adressé à la Commission normes, éthique et discipline de la LGFP concerne spécifiquement la contestation du point 3 des sanctions imposant au club de Kaloum le remboursement de la facture des dégâts matériels survenus au Stade Petit Sory. « Cette décision soulève plusieurs irrégularités : absence de base légale ou réglementaire justifiant l’exclusion automatique d’un club pour non-paiement d’une facture contestée ; absence d’expertise indépendante et contradictoire pour évaluer les dommages matériels allégués ; absence de conclusions officielles de l’enquête annoncée par le ministère ; caractère unilatéral de la facture établie par la direction du stade, sans constat officiel ni procès-verbal de destruction ».

Ainsi, l’AS Kaloum demande la suspension de l’exécution du point 3 du procès-verbal contesté, sollicite l’ouverture d’une enquête contradictoire et impartiale conformément aux instructions du ministère des Sports, et la mise en place d’une médiation institutionnelle garantissant transparence et équité. Il appelle en outre à une clarification des responsabilités en matière de sécurité et de gestion des stades, afin de prévenir la répétition de tels incidents.
Délocaliser le classico ?
La Ligue guinéenne de football professionnel a programmé, pour le 7 mars, le classico retour opposant l’AS Kaloum au Horoya AC dans le cadre de la 19ᵉ journée de Ligue 1. Une rencontre censée se disputer au stade Petit Sory de Nongo, théâtre des tensions pour lesquelles le club de Bouba Sampil a été sanctionné.
Dans son courrier adressé cette fois au secrétariat général de la LGFP, la direction du club de la presqu’île de Kaloum a demandé la délocalisation et le report du match. « Nous sollicitons que la rencontre ASK-Horoya soit reprogrammée au stade de la Mission de Kaloum, enceinte que nous maîtrisons pleinement, plutôt que dans une autre installation où des risques d’infiltration et de perturbation subsisteraient ».
Reste désormais à savoir quelle sera la réponse du ministère de la Jeunesse et des Sports. La Ligue guinéenne de football professionnel est aussi interpellée face à ces différentes sollicitations de l’AS Kaloum.
Abdoulaye Bah


