Ce dimanche 19 avril, un symposium a été organisé au Palais du peuple de Conakry, en l’honneur de Mamadou Sylla, président de l’Union démocratique de Guinée (UDG) et homme d’affaires. Décédé le 16 avril à son domicile à Dixinn-bora, parents, amis, collaborateurs et anonymes lui ont rendu un dernier hommage.
Ceux qui ont connu le défunt se sont succédé au pupitre pour témoigner. « C’était un homme bon », tel est leur leitmotiv. Le corps de celui que ses intimes appelaient Sylla Patronat est arrivé dans la Salle des Congrès du Palais du peuple vers 11h et y a été exposé. Une minute de silence a été observée par les présents : parents, amis, autorités, hommes d’affaires, politiciens, religieux. A la cérémonie funèbre. Sur les visages des participants, la tristesse et la consternation se lisent.
Choyé mais aussi critiqué
Ibrahima Dansoko a lu l’oraison funèbre, rappelant le parcours de Mamadou Sylla, notamment à sous le régime de feu Général Lansana Conté. « A l’avènement de la 2e République, Sylla Patronat a appartenu à la classe des opérateurs économiques qui ont œuvré pour la libéralisation du secteur privé. Avec son ascension fulgurante et sa fortune, il a suscité l’admiration mais aussi des critiques de ses pairs pour son rapprochement avec le Président Lansana Conté. »
Selon Ibrahima Dansoko, la vie du défunt est un message et symbole pour les hommes d’affaires guinéens. « Sa disparition cause dans les rangs des hommes d’affaires guinéens, un vide difficile à combler (…) Il a rempli sa mission de bon Guinéen : il a vécu, il est mort fidèle à ses convictions et ses certitudes. »

« Homme d’action »
Le président d’honneur du Bloc libéral (BL), Faya Millimouno, souligne qu’en politique, Mamadou Sylla n’aura jamais été « un homme formaté. Il n’a pas été de ceux qui définissent la politique comme l’art de tromper. Il ne parlait pas pour plaire, il parlait pour affirmer la vérité, pour honorer la vérité et dans une société où trop de silences sont complices, où trop de calculs étouffent la vérité, les voix libres deviennent des actes de courage. Le pire hommage que nous puissions rendre à Mamadou Sylla, serait de nous limiter à des discours. Le véritable hommage qu’on puisse lui rendre, c’est d’agir. Il a été un homme d’action. Agir pour une économie inclusive, une politique plus proche du terrain, pour une Guinée où chacun a sa chance. » Faya Millimouno lance un appel à la jeunesse, qui devrait « regarder le parcours Mamadou Sylla avec distance, plutôt comme une invitation. Une invitation à entreprendre, à poser, à s’engager. »

Mohamed Lamine Sy Savané, le ministre de l’Urbanisme, de l’habitat et de l’aménagement du territoire, a parlé au nom du Président de la République, Mamadi Doumbouya et de son Premier ministre, Amadou Oury Bah. Il a réitéré les condoléances à la famille Sylla. Pour lui, le défunt représente pour Mamadi Doumbouya, un papa, pas « biologique certes, mais un papa qui a servi sa nation avec dignité, abnégation, respect et humilité. La raison d’être citoyen, c’est de servir loyalement la nation, a ajouté le ministre Savané. C’est ce qu’a fait le défunt. C’était un devoir souverain pour le chef de l’État de lui rendre un vibrant hommage. »
Le confident et ami
Entourée des frères et sœurs, Gnama Sylla, la benjamine du défunt, a remercié au nom de sa famille, les soutiens apportés depuis le rappel à Dieu de son père. Selon elle, Mamadou Sylla n’était pas seulement un père, il occupait toutes les places. « Il était notre guide, mentor, confident et notre plus proche ami. » D’ajouter qu’au-delà de sa famille, Sylla Patronat était un repère pour toutes les personnes qui l’ont côtoyé. « Il ne se contentait pas de diriger seulement, il transmettait. Il a toujours été là pour nous. Il nous disait souvent tout ce que je fais pour vous, c’est pour que vous ne manquiez de rien. »

Mamadou Sylla est né en 1960 à Boké. Il n’était pas qu’homme d’affaire et politique, il était écrivain aussi, témoigne-t-on. Il est auteur de trois livres : « El Hadj Mamadou Sylla, l’homme et son destin », « El Hadj Mamadou Sylla l’homme et son destin, volet économique » et El Hadj Mamdou Sylla, un plaidoyer pour une Guinée libre et digne ».
Il laisse derrière lui 12 orphelins et trois veuves. Il sera inhumé demain lundi 20 avril à Barandé, dans la commune urbaine de Boké, sa préfecture natale.
Souleymane Bah

