Lors d’un point de presse du samedi 25 avril à Lambanyi, dans le buisson de Ratoma, Abdoulaye Yéro Ta-Baldé, au nom du Front démocratique de Guinée, a exprimé de vives préoccupations sur le processus électoral en cours, en prélude au scrutin prévu le 31 mai prochain.
À l’issue d’une « analyse approfondie de la phase préparatoire », le parti dit avoir constaté des anomalies susceptibles de compromettre la transparence et la crédibilité des sélections. Parmi les principaux hics, figure le rejet des candidatures du Frondeg dans plusieurs circonscriptions du pays. Il s’agit surtout à Tombolia, Sanoyah, Manéah, Matam, Ratoma, Kouriah, Lambanyi, Kankan, Siguiri, Kintinian, Boké, Sangarédi et Boffa. « Les résultats que nous recevons montrent qu’à la publication des listes provisoires, aucune de ces candidatures n’a été retenue à date. Or, conformément à l’article 242 du Code électoral, tout rejet de candidature doit être motivé, être notifié dans un délai de 10 jours à compter de la date de dépôt du dossier de candidature. À date, aucun motif n’a été communiqué au parti. » Jugeant que la situation constitue une violation des dispositions légales encadrant le processus électoral, le parti dénonce des tentatives présumées de régularisation a posteriori, à travers la remise de documents antidatés, visant à justifier les rejets.
Par ailleurs, Abdoulaye Yero Ta-Baldé a pointé du doigt les conditions financières d’accès au scrutin, qu’il juge irrégulières. Selon lui, les montants des cautions auraient été fixés sans consultation préalable des acteurs politiques, en contradiction avec le Code électoral. À cela s’ajoute le refus d’encaissement des cautions dans certaines localités, empêchant ainsi la validation des dossiers de candidature. Autre irrégularité soulevée : la question des inéligibilités. Le Frondeg estime que des candidatures validées ne respecteraient pas les dispositions légales, notamment en ce qui concerne des responsables occupant des fonctions incompatibles avec un mandat électif.
Face à l’ensemble de ces manquements, l’acteur politique souligne que le parti appelle les autorités à réagir rapidement, afin de garantir un processus équitable et transparent. « Au regard de ce qui précède, le Frondeg appelle solennellement les autorités compétentes à rétablir l’égalité du processus électoral, garantir l’égalité du traitement de l’ensemble des candidats, assurer la transparence et la crédibilité des opérations électorales. » À défaut d’une correction diligente et de délais requis, selon Yéro Baldé, « le Frondeg se réserve le droit de tirer toutes les conséquences politiques qui s’imposent, y compris son retrait du processus électoral en cours. »
Malgré ces tensions, le parti réaffirme son attachement à un processus démocratique respectueux des lois et des institutions. Il assure qu’il poursuivra son engagement par des moyens légaux et pacifiques, pour défendre la souveraineté du peuple guinéen.
Mariama Dalanda Bah

