Depuis la mise en place du premier gouvernement de la Vème République le 5 février dernier, l’administration centrale nous offre une situation bien curieuse. En effet, les sherpas du chef de l’Etat ont cru devoir procéder à un redimensionnement de la structure gouvernementale, par une réduction du nombre de ministères. Une démarche ayant conduit à la fusion de certains départements. Si des ministres sont respectivement nommés à ces différents départements, au moment où ces lignes sont écrites, la clarification des organigrammes internes des ministères fusionnés nest pas encore effectuée. Le retard il faut le reconnaître, engendre une situation inédite : ces ministères fusionnés ont respectivement chacun, un doublement ou triplement de postes (secrétaires généraux, chefs de cabinet, conseillers, directeurs nationaux, etc.).

La question qui se pose face à cet attentisme, qui na guère sa raison dêtre, entraîne indubitablement des blocages dans le traitement des dossiers, un manque de fluidité dans le fonctionnement des différents services. Faudrait-il comprendre qu’il y aurait des difficultés dans les arbitrages à faire, pour le choix des personnes à nommer aux différents postes ? L’un dans lautre, cette difficulté aurait pu être résolue si au niveau du ministère de la Fonction publique, un système de gestion des carrières des fonctionnaires existait par le biais dune banque de données fiables. Cette banque devrait permettre de fournir des informations liées au cursus des fonctionnaires. En plus de ce répertoire, pour satisfaire les besoins en ressources humaines des ministères, à linstar de certains pays, le ministère de la Modernisation de ladministration pourrait procéder à la mise en place dun système de chasseurs de têtes par profil, tant en Guinée, qu’à l’étranger.

On semble le négliger, à partir du moment où les ministres ont pris service, le chronomètre tourne, les jours, semaines et mois passent. Le compte à rebours est ainsi engagé, et dans un peu moins de 60 jours, le gouvernement aura géré les affaires du pays pendant 100 jours. Une échéance, qui sera ainsi mise à profit, pour évaluer avec objectivité le travail accompli. Et dans ce cas de figure, la situation décrite plus haut ne joue nullement en faveur de nos gouvernants. Et comme aimait à le dire un Président de la république : « Au rendez-vous des bilans, chacun sera jugé à travers les actes posés ».

Au regard du temps, qui reste à courir d’ici la fatidique échéance des 100 jours de gestion, il est donc urgent dagir pour meubler l’organigramme des départements ministériels. La démarche contribuerait dans une large mesure à qualifier le travail de l’administration centrale.

Thierno Saïdou Diakité