Pour la première fois de son histoire, la République de Guinée a introduit les langues nationales dans sa Constitution, marquant ainsi un tournant majeur dans la manière dont l’État envisage désormais la place des langues dans la vie publique, l’éducation, la culture et l’administration. Cette décision, hautement symbolique et politiquement sensible, est porteuse d’espoir, mais aussi de nombreuses interrogations.

I – Pourquoi cette tribune et pourquoi maintenant ?

Je souhaite, par le biais de cette tribune, apporter ma modeste contribution au débat autour de l’introduction des langues guinéennes dans la nouvelle Constitution adoptée récemment et dont la loi organique est en cours de préparation. Bien qu’un décret — le Décret D/2026/0122/PRG/SGG du 17 avril 2026 portant réorganisation de la DCI de la présidence de la République —, très confus sur cette question, ait été présenté aux Guinéens, certains le brandissent sur toutes les pages des réseaux sociaux comme une victoire. Et pour cause : il mentionne que des pictogrammes qu’ils défendent seraient désormais utilisés dans les communications du président de la République.

Ce sujet est à la fois central, sensible et vital pour l’avenir de la Guinée. Dans ce texte, je souhaite donner mon avis sur la question et dire combien il est important que cette introduction de nos langues guinéennes dans la nouvelle Constitution, ainsi que dans la loi organique en préparation, obéisse à certains principes fondamentaux.

Mon seul souci est de voir cette réforme devenir une avancée historique majeure pour le pays et non un recul par rapport aux acquis déjà obtenus en Guinée et aux acquis enregistrés dans les autres pays africains. Je veux qu’elle soit méthodique, pédagogique et profondément utile aux générations futures.

L’introduction des langues nationales dans la Constitution guinéenne, avec le statut de langues officielles, doit s’inscrire dans la continuité de tout ce qui a déjà été fait auparavant pour les langues en Guinée et en Afrique. Elle doit devenir un facteur d’unité nationale, de développement, de cohésion sociale et de stabilité, et non un nouveau sujet de fracture ou de confrontation.

C’est dans cet esprit que je souhaite apporter ma modeste contribution à ce débat. Vu l’importance du projet pour notre pays et l’intérêt particulier que j’accorde aux langues, à la diversité linguistique et culturelle, je considère qu’il est de mon devoir, en tant que citoyen guinéen, d’apporter ma pierre à l’édifice de la construction nationale.

À mon humble avis, pour que cette réforme linguistique porte réellement ses fruits et soit bénéfique au pays, il est indispensable d’éviter que les générations futures soient contraintes de revenir encore sur les décisions prises aujourd’hui. C’est ce qui risque d’arriver si une mauvaise décision est prise. Nous devons éviter de condamner notre pays à un éternel recommencement sur des questions qui, dans plusieurs autres États africains, ont déjà été tranchées depuis plusieurs décennies.

Le slogan de campagne de cette Constitution m’a particulièrement interpellé et a motivé en partie la genèse de ces lignes : « Une Constitution qui nous ressemble et nous rassemble ». Pour qu’elle nous rassemble réellement, dans le vrai sens du terme, cette réforme linguistique doit être pensée avec lucidité, hauteur de vue et responsabilité historique.

L’introduction des langues nationales dans la Constitution ne doit pas être le fruit de l’émotion, de la passion militante ou de calculs communautaires. Elle doit être le résultat d’une réflexion profonde, menée par des spécialistes pour lesquels seul l’intérêt supérieur de la nation compte réellement. Une réforme de cette ampleur ne peut pas être laissée entre les mains de simples passionnés, de militants d’associations ou de lobbys linguistiques cherchant à imposer leurs visions particulières.

Ceux qui sont amenés à traiter ce sujet doivent être honnêtes et éviter d’induire en erreur nos dirigeants actuels, qui leur font entièrement confiance sur des sujets qu’ils ne maîtrisent pas. Ils ne doivent pas profiter de leur privilège de pouvoir parler aux plus hauts responsables du pays pour induire ces derniers en erreur et entraîner la Guinée vers un retard, voire une confrontation.

Dans tous les domaines stratégiques de la vie nationale, l’État fait appel à des experts. Pourtant, lorsqu’il s’agit de nos langues, de notre culture ou de notre histoire, les débats sont souvent abandonnés à des personnes qui ne disposent ni des outils scientifiques, ni de la profondeur historique nécessaires pour mesurer les conséquences de leurs propositions. Cette fois-ci, l’approche doit être différente. Si l’État veut être efficace et son action efficiente, il doit s’appuyer sur les experts de son pays et tourner son regard vers ce qui a été fait auparavant en Guinée ainsi qu’ailleurs en Afrique.

Cette réforme doit également s’inscrire dans la continuité des décisions déjà prises par l’État guinéen à travers des décrets, arrêtés, réunions et politiques linguistiques antérieures, mais aussi dans la continuité des décisions adoptées par d’autres pays africains et par les institutions continentales et internationales, notamment lorsque certaines langues concernées sont des langues transfrontalières parlées dans plusieurs États. Rappelons ici, par exemple, que la Guinée partage la langue pulaar-fulfulde avec 27 autres pays d’Afrique dont elle est résidente dans au moins 15 d’entre eux. Que la Guinée tourne le dos à tous ces pays qui n’écrivent le pulaar-fulfulde qu’avec l’alphabet dit latin proposé par l’UNESCO et les experts africains depuis 1966 ne me semble pas être la bonne voie d’intégration africaine et d’interopérationalité linguistique même avec les autres langues du monde.

Cette réforme doit aussi tirer les leçons du passé et tenir compte de l’accord de Bamako de 1966, qui constitue aujourd’hui la pierre angulaire des politiques d’orthographe harmonisée dans plusieurs pays africains comme la Guinée, le Mali, le Sénégal, le Burkina Faso, la Mauritanie ou encore le Niger, le Nigeria, le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée Bissau, etc. Cet accord historique, organisé sous l’égide de l’UNESCO et porté notamment par Amadou Hampâté Bâ, a permis de jeter les bases d’une réflexion panafricaine sur l’unification et l’harmonisation des systèmes d’écriture des langues africaines.

Enfin, cette réforme doit impérativement tenir compte du statut particulier de certaines langues guinéennes qui sont des langues transfrontalières, c’est-à-dire des langues évoluant dans un espace géographique, culturel et politique commun à plusieurs pays. La Guinée ne peut pas s’extraire artificiellement de cet espace sans créer des conséquences lourdes pour les populations concernées.

II – Tirer les leçons du passé guinéen pour éviter un éternel recommencement

On dit souvent que l’État, c’est la continuité. On dit également que les hommes passent, mais que les institutions demeurent. Ce principe doit aussi s’appliquer aux décisions qui concernent nos langues, à nos politiques linguistiques et à notre vision de l’avenir culturel du pays.

La Guinée a déjà commis, dans le passé, des erreurs lourdes de conséquences dans la gestion de ses langues nationales, et les effets de ces choix continuent de se faire sentir aujourd’hui. Comprendre ces erreurs est indispensable si nous voulons éviter que les générations futures soient contraintes, encore une fois, de revenir sur des débats qui auraient dû être définitivement clos depuis plusieurs décennies.

En 1961, rien que pour la langue peule, le fulfulde, il existait déjà plusieurs dizaines de systèmes d’écriture différents, en plus de l’alphabet phénicien dit latin et de l’ajami. On retrouvait notamment le mimiye afrika, Kaɓɓe, le fulfulde foduye, le Fula Data Alphabet 1958-1966 (Oumar Dembele), le Fula Alphabet Mali 1963 (Adama Ba), le système évoqué dans The Discovery of the Raampa Pictographic Writing in the Senegambia, West Africa, un système inspiré du marquage des vaches, le « cunni na’i », que son Excellence Amadou Hampâté Bâ avait étudié dans le Ferlo nord du Sénégal, dans le cadre de ses recherches pour son célèbre ouvrage Kumen, ainsi que d’autres systèmes développés dans différents pays africains. Rien que pour cette langue, il existait à l’époque près d’une trentaine de systèmes.

Il existait même un alphabet développé par un Peul centrafricain originaire de Maroua, au Cameroun, dont je ne me rappelle plus le nom, qui s’était propagé un temps jusqu’à atteindre certaines régions du Soudan avant de devenir une écriture confidentielle utilisée notamment par certains couples peuls pour échanger des messages amoureux. D’autres systèmes encore apparaissaient ici et là, dans plusieurs pays. Dans certains États, comme la Guinée, on pouvait retrouver trois, quatre, parfois cinq systèmes différents pour une seule et même langue. Cette réalité est également documentée dans l’ouvrage African Alphabets : The Story of Writing in Africa de Saki Mafundikwa, octobre 2006.

C’est précisément face à cette multiplication anarchique des systèmes d’écriture qu’est née l’idée fondamentale du principe : « une langue, une écriture » — ɗemngal gootal, binndol gootol ».

Sous l’impulsion d’Amadou Hampâté Bâ et d’autres grands acteurs de la langue peule, une vaste réflexion fut engagée afin d’unifier l’écriture du fulfulde autour d’un seul système. Plusieurs options existaient alors : choisir l’ajami, adopter définitivement les caractères phéniciens dits « latins », ou encore retenir un système inventé dans un des pays peuls. Une commission fut mise en place et travailla pendant cinq années de concertation avant d’aboutir, en 1966, à la célèbre Conférence de Bamako, aujourd’hui connu sous le nom d’«Accord de Bamako ».

Cette rencontre historique, organisée sous l’égide de l’UNESCO et sous le haut patronage d’Amadou Hampâté Bâ, réunit plus de 70 experts venus de plusieurs pays africains, de la diaspora, du monde universitaire et des États concernés. Le projet, qui concernait initialement uniquement la langue peule, fut élargi à cinq grandes langues ouest-africaines : le peul, le mandingue, le tamasheq, le songhay et le haoussa. Deux langues guinéennes étaient donc directement concernées par ces travaux.

Mais c’est précisément à ce moment que la Guinée commit l’une des erreurs les plus lourdes de conséquences de son histoire linguistique.

Aucun représentant officiel de la langue peule ne fut envoyé par la Guinée à cette rencontre historique, alors même que deux représentants furent dépêchés au nom de la langue mandingue: M. Kamory Traoré, responsable du programme d’alphabétisation au Secrétariat général de la jeunesse et des sports à Conakry, et Condotto Nenekhaly Camara, chargé de recherches à l’Institut national de recherche et de documentation.

Ce refus ne fut pas accidentel. Il fut sciemment organisé par Sékou Touré. Craignant les liens historiques, culturels et humains entre les Peuls de Guinée et les autres Peuls d’Afrique, il choisit délibérément d’écarter les représentants peuls guinéens de ce processus historique.

Ironie de l’histoire, deux Peuls de Guinée participèrent malgré tout à cette rencontre, mais sans mandat officiel de l’État guinéen. Le premier était le professeur Alfa Ibrahima Sow, venu de France, qui fut l’un des principaux artisans de la réussite du colloque aux côtés d’Amadou Hampâté Bâ du Mali et Oumar BA de l’Association pour la Renaissance du Pulaar (ARP) du Sénégal. Le second guinéen était Chaïkou Baldé, l’un des pionniers de la promotion littéraire en langue peule en Guinée, venu probablement du Sénégal et ayant participé par ses propres moyens.

Lorsque Sékou Touré prit connaissance des conclusions du colloque et des recommandations sur l’unification de l’écriture de ces langues, il décida de les rejeter totalement. Il imposa alors aux Guinéens un système particulier basé sur des formes comme bh au lieu de ɓ, dh à la place de ɗ, th alors que c’est c qui avait été retenu, de même que yh au lieu de ƴ. Dy à la place de j, ainsi que les ŋ ou ñ, furent également modifiés en Guinée, contrairement à l’accord. Certains ont avancé l’argument selon lequel la Guinée avait déjà commencé avec bh, dh… et qu’il ne fallait donc pas changer.

Plus de quarante ans après sa disparition, certains Guinéens continuent encore de croire que ce système constitue la norme officielle du pulaar-fulfulde.

Pourtant, ce système s’est rapidement révélé inefficace, notamment à cause des spécificités phonétiques de la langue peule et de l’existence des sons géminés. On pouvait se retrouver avec des mots extrêmement lourds et complexes comme bhidhdho — huit lettres pour seulement deux syllabes — ou encore yhourouyhukkoudye, yhouruyhoukkouwal ou yhoukkouyhourouwal (qui pouvait atteindre dix-sept à dix-huit lettres).

Cette complexité a encouragé de nouvelles tentatives d’invention d’autres systèmes d’écriture dans plusieurs langues guinéennes. Il n’est pas rare, encore aujourd’hui, de voir apparaître de nouveaux pictogrammes présentés comme des « inventions nationales ». Au Sénégal par exemple, notre pays voisin, on avait « inventé » et prosé deux à 3 scripts pour l’écriture des langues nationales, à la faveur des Etats généraux de l’Education et de la Formation (1981-84). Mais tous ces scripts ont été écarté au nom du respect de l’unité et de l’harmonie orthographiques des langues sénégalises sur la base de l’alphabet latin.

Les différents inventeurs ont souvent plusieurs points communs. Ils associent leurs systèmes à une prétendue souveraineté culturelle ou à une fierté nationale mal comprise. Beaucoup ignorent totalement que les questions d’orthographe harmonisée ont déjà été tranchées depuis plusieurs décennies par de véritables spécialistes ayant toutes les capacités et toute la légitimité requise. D’autres cherchent à rattacher leurs systèmes à des récits mystiques, spirituels ou identitaires afin de leur donner une légitimité émotionnelle. Certains mêmes se présentent comme des illuminés.

Si nous ne faisons pas attention et si nous ne choisissons pas ce qui est réellement pertinent pour l’avenir de nos langues, alors tous les efforts déjà réalisés risquent d’être réduits à néant et la Guinée sera condamnée à un éternel recommencement.

L’histoire récente du fulfulde en Guinée illustre parfaitement ce danger. En 2006, malgré plusieurs années d’enseignement et d’alphabétisation, une dizaine de nouveaux systèmes furent encore présentés lors d’une rencontre organisée chez le Dr Mamadou Oury Fadi, à Bellevue à l’école Roi Fayçal, à Conakry. Cette réunion tourna rapidement au vinaigre. Certains participants estimèrent avoir été humiliés et promirent de se venger puisque que le système d’écriture qu’ils défendent fut placé dernier et qualifié de bricolage par le jury qui a choisi à la quasi-unanimité le système venu de Boké.

Par la suite, de fausses informations commencèrent à circuler. Certains affirmèrent que les chiites guinéens soutenaient un système d’écriture tandis que les sunnites devaient soutenir un autre. Pourtant, à ma connaissance, il n’a jamais existé de conflit entre ces deux courants religieux autour de l’orthographe du fulfulde, ni en Guinée ni ailleurs. Mais cette manipulation permit à ceux qui diffusaient ces rumeurs d’obtenir des partisans.

D’autres commencèrent à prétendre que l’alphabet phénicien dit latin était «colonial», «français» ou étranger à l’Afrique, alors même que cette affirmation est historiquement fausse. Ces deux points seront abordés avec plus de détails ultérieurement.

Sans avoir étudié sérieusement la langue peule, certains se mirent à dénigrer le système harmonisé adopté plusieurs décennies auparavant, simplement sous l’effet de ces manipulations religieuses et identitaires. C’est ainsi qu’est née la cacophonie orthographique qui continue encore aujourd’hui autour du fulfulde en Guinée. C’est ainsi qu’une minorité de Ustaz prédicateurs influents mais qui ne maitrisent pas bien le sujet se sont également saisis de cette question en assimilant à tort l’alphabet harmonisé en caractères phéniciens dits latins à une influence occidentale ou française. Cette lecture réductrice a contribué à diffuser certaines idées reçues et à renforcer, chez une partie du public, des positions davantage dictées par l’affect et l’identité que par l’analyse historique et linguistique. Les réseaux sociaux, les lobbys et la corruption ont amplifié le phénomène.

Pendant ce temps, les Peuls des autres pays avançaient dans l’enseignement, la production littéraire et la normalisation linguistique, la scolarisation bilingue (beaucoup facilité par l’alphabet commun), l’exploitation des opportunités offertes par les TIC, etc. tandis que certains Peuls de Guinée découvraient progressivement le retard accumulé.

Si j’insiste autant sur la nécessité de tirer les leçons du passé, c’est précisément pour éviter de replonger dans ce tohu-bohu linguistique dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui. Nous devons éviter qu’après cinquante ans, des Guinéens soient encore contraints de débattre de l’écriture de leurs langues comme si rien n’avait été fait auparavant.

Nous devons surtout nous rappeler que l’Afrique compte plus de 2000 langues. Si chacune de ces langues se met à inventer son propre système d’écriture sans harmonisation, nous condamnerons nous-mêmes nos langues à l’isolement, à la fragmentation et à l’échec.

Une autre erreur importante du régime de Sékou Touré fut la balkanisation de l’enseignement des langues nationales, c’est-à-dire l’imposition de l’apprentissage d’une langue selon les régions.

L’apprentissage des langues guinéennes codifiées doit être possible dans toutes les régions du pays. Au Fouta, par exemple, région où le pulaar est parlé par l’écrasante majorité des habitants, un enfant peul qui souhaite apprendre une autre langue guinéenne doit pouvoir le faire librement. De la même manière, un ressortissant d’une autre région vivant au Fouta doit pouvoir apprendre sa propre langue ou une autre langue nationale sans obstacle. Ce principe doit être valable dans toutes les villes et toutes les régions du pays. Mais c’est plus facile si l’alphabet utilisé est le même.

Pour suivre la bonne voie et éviter les erreurs du passé, la Guinée doit aussi s’inspirer des expériences qui ont réussi ailleurs, qu’il s’agisse de l’opération « Commando février 1986» et de « Ɓamtaare 1988» au Burkina Faso, des expériences d’alphabétisation en langues maternelles au Mali et en Mauritanie, ou encore du bilinguisme scolaire développé plus récemment au Sénégal à travers le programme dit du Modèle Harmonisé d’Enseignement Bilingue au Sénégal (MOHEBS)[1] et d’autres programmes au Niger et au Nigeria pour les populations nomades du pays.

(La fuite dans le prochain numéro).

Par Tidiane Maloun BARRY, journaliste


[1] Faut-il rappeler que bien avant la mise en œuvre du MOHEBS au Sénégal, l’ONG Associates in Research and Education for Development (ARED) a le mieux réussi la scolarisation bilingue langue nationale-français, grâce à l’identité de l’alphabet entre autres, que toutes les expériences de la sous-région. ARED, après une évaluation interne et externe, puis internationale, a prouvé par le succès de ses apprends des classes bilingues (du CI au CM2) la supériorité du système bilingue basé sur les langues premières des enfants pour réussir dans tous les apprentissages : meilluers en français, meilleurs en lecture, meilleurs en mathématiques, etc. Tout cela est dû fondamentalement à l’identité de l’alphabet, le script latin. Si, par exemple, les enfants du pulaar-fulfulde devaient utiliser deux scripts différents et concomitants, ce serait un échec pédagogique certain.  Et ce n’est pas pour rien qu’ARED a gagné le Prix Yidan 2025 pour l’Education.