Dans la nuit du 11 juillet, un militaire a tué un adolescent dans la commune de Matoto. Mamadou Alimou Camara, originaire de Télimélé, était venu passer ses vacances à Conakry.
Les hommes en uniforme montrent, une nouvelle fois, qu’ils ont la gâchette facile. Fraîchement arrivé dans la capitale, Mamadou Alimou Camara a été tué d’une balle en pleine tête. Âgé de 17 ans, l’adolescent était élève. Son présumé bourreau, David Moriba Lamah, est un gendarme et ami de son grand frère.
Le suspect aurait déjà été interpellé. Les circonstances exactes du drame restent toutefois floues. Abdoulaye Keïta, un proche de la victime, explique que lui et le gendarme avaient l’habitude de soumettre les jeunes arrivant dans leur concession à quelques exercices physiques, comme une forme d’initiation. Selon lui, la situation aurait dégénéré au cours de cette séance.
« Chez nous, c’est une vieille habitude. Quand un petit frère arrive, on peut lui demander de faire des pompes ou des abdominaux, juste pour plaisanter ou le taquiner. Mais jamais quelqu’un n’avait utilisé une arme dans ce genre de situation. Mon frère aurait certainement refusé de s’exécuter… Les deux n’étaient plus d’accord », raconte-t-il.
Mamadou Saliou Diallo, témoin des faits, confirme que l’origine de l’altercation était bien ces exercices physiques : « Nous jouions à la PlayStation dans notre chambre lorsque le militaire a frappé à la porte. Il nous a demandé de faire des abdominaux. Nous nous sommes exécutés, mais Alimou était fatigué. David pensait qu’il n’y avait plus de balles dans le chargeur, alors qu’il en restait une. Il a d’abord pointé son pistolet sur ma tête, puis sur celle d’Alimou avant de tirer. Il était dans un état second », affirme-t-il.
Pour Aïssatou Camara, tante de la victime, seule la justice pourra apaiser la douleur de la famille : « Je demande justice pour Alimou. Un tel crime ne peut pas rester impuni. Son bourreau ne peut pas dire que ce n’était pas intentionnel. Il doit nous expliquer pourquoi il a tiré sur mon enfant », réclame-t-elle.
Deux jours plus tard, le 13 juillet, un nouvel incident impliquant un homme en uniforme est survenu dans une boîte de nuit de Sanoyah. Selon des témoignages, un militaire, venu passer la soirée se serait disputé avec le gérant de l’établissement. Il aurait alors sorti son arme, tiré plusieurs coups de feu et blessé le DJ. Le nouvel épisode ravive les inquiétudes face à l’usage d’armes à feu par certains agents des forces de sécurité.
Yacine Diallo

