Donald Trump n’a jamais été amer, mène avec ses alliés européens de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Ses remontrances sont devenues des plus acerbes et incisives depuis son retour aux affaires. La lame de fond de ses propos et de ses agissements, réside dans sa conviction que les Européens ne contribuent pas accès aux efforts de défense commune. Il n’a de cesse de leur reprocher leur peu de volonté d’accroître leurs budgets de défense pour assumer correctement leurs responsabilités communautaires.

Face à l’absence de réactivité de ses alliés, il a régulièrement agité diverses rétorsions dont la plus grave est le retrait des États-Unis de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Cette menace assimilable à un chantage, donne des sueurs froides aux Européens qui, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, ont placé les États-Unis au centre de leur système de défense à travers l’OTAN.

L’apport humain, financier, matériel et technologique des États-Unis au fonctionnement de l’OTAN, est à la fois inestimable et irremplaçable. C’est dans ce contexte que s’est tenu, la semaine dernière à Ankara (Turquie) le sommet de l’OTAN. On subodorait que le lunatique président américain tire à boulets rouges sur les pauvres Européens dont il est devenu le rabat-joie. Que nenni. Qu’on se le dise, les Européens connaissent parfaitement bien la personnalité de Trump. Ils caressent désormais ce dernier dans le sens du poil.

C’est donc un Trump jovial et un empathique que ses partenaires ont côtoyé à Ankara. La surprise a été agréable et fait des heureux, le président ukrainien pourra, sous licence américaine, fabriquer des missiles intercepteurs Patriot. Mieux, on n’a plus entendu de bravades sur le retrait américain.

Donald Trump est-il donc satisfait des efforts budgétaires accomplis par ses partenaires européens pour élever leurs contributions à un niveau raisonnable ? au demeurant, certains État dont ceux de la Baltique ont accompli des progrès louables.

Avant Ankara, il y a eu plus de peur que de mal. Analystes et politiques européens sont persuadés que les temps ont changé. Tout comme les enjeux et défis de défense. Cela est particulièrement vrai depuis la chute du mur de Berlin, en 1990, et l’éclatement de l’Union soviétique entraînent la fin de la Guerre froide. Cette dynamique implique une profonde révision du Traité instituant l’OTAN, en particulier des rapports entre les États-Unis et les États européens membres. L’imprévisibilité et la grossièreté de l’actuel président américain ont tiré les Européens de leur torpeur au sein de l’OTAN. À quelque chose, malheur est bon.

Abraham Kayoko Doré