Du 17 au 19 juin dernier à Accra au Ghana s’est tenue une Conférence internationale portant sur la justice réparatrice des crimes commis par la Traite négrière. Des hommes d’État africains et autres représentants venus d’Afrique, de l’Amérique, des Caraïbes et de la diaspora africaine y ont pris part. Trois résolutions ont été adoptées :
- Amener les États négriers à présenter des excuses publiques à l’Afrique,
- Travailler à la restitution des biens culturels pillés sous la colonisation,
- Instaurer des compensations financières pour le développement du continent.
Il faut rappeler que sur la demande de la République du Ghana, l’Organisation des nations unies avait, au préalable, voté une résolution qualifiant la Traite négrière de « plus grave crime commis contre l’humanité ». Les historiens estiment en effet à environ 15 millions d’Africains déportés de force pendant les 400 ans qu’a duré la Traite négrière.
Plusieurs médias se sont fait écho de la Conférence d’Accra. C’est le cas notamment de Radio France internationale (RFI) qui a donné la parole à ses auditeurs africains dans son émission « Appels sur l’actualité », afin qu’ils se prononcent sur le sujet.
Deux tendances se sont globalement manifestées, les pour et les contre de la justice réparatrice. Les premiers approuvent la démarche tout en suggérant d’inclure parmi les auteurs de ce trafic honteux, les Arabes ayant envahi l’Afrique 10 siècles auparavant, ainsi que les Africains eux-mêmes dont certains ont collaboré activement à la Traite.
Ceux qui sont contre la justice réparatrice soutiennent que rien ne peut réparer les âmes perdues, que la démarche s’apparente à marchander la mémoire de nos ancêtres, pour eux, il faut simplement tourner la page et avancer.
Sur le sujet, voici ma position : Je suis de ceux qui prônent la discussion et l’approfondissement de tous les aspects de la Traite en vue d’aboutir à des excuses et des réparations. Le monde est devenu un village et comme tel, tous nos problèmes doivent se discuter sur la place publique, il n’y a plus de sujets tabous. Les descendants des oppresseurs et des opprimés d’hier sont condamnés à marcher ensemble, à poser les questions qui fâchent et à trouver les réponses qui en valent la peine. Le monde sort peu à peu de la jungle où les plus forts dévorent sans état d’âme les plus faibles.
Walaoulou Bilivogui

