Pour défendre les droits des populations affectées par le projet Simandou, l’ONG Action Mines Guinée a mis en place des comités de suivi le long du corridor. Histoire de documenter les impacts, les soumettre aux entreprises en vue d’un règlement pacifique d’éventuels différends. Le 20 juillet, le comité de suivi des impacts du projet Simandou dans la préfecture de Beyla a publié son rapport semestriel. Réalisé entre novembre 2025 à mai 2026, le rapport révèle de nombreuses anomalies, notamment la pollution des eaux, de l’air, la perte des terres agricoles.
Au cours des six mois, le comité a constaté que de la boue rouge a été déversée dans plusieurs champs agricoles empêchant les propriétaires à cultiver en cette période agricole, la lenteur dans le traitement des plaintes, la frustration de certains impactés par rapport à la lenteur dans l’indemnisation des impacts. Autre fait marquant, les membres du comité affirment avoir été saisis par un collectif de 9 personnes du village de Nionsomoridou qui disent être victimes d’expropriation injuste, depuis février 2025. Même que l’entreprise a été informée. Une réunion avait été programmée entre le comité, Rio Tinto et les victimes, pour clarifier certains points sur le sujet. Avant de déclarer : « En date du 31 mai 2026, nous avions appris que ces victimes sont en justice avec les représentants communautaires qui étaient entre les communautés et l’entreprise pendant la compensation. Il faut préciser que ces leaders communautaires ne sont pas des agents de Rio Tinto. A date, nous n’avions pas des documents nécessaires à l’évolution du dossier ».

Les cours d’eau étant pollués, la fourniture de l’eau potable était devenue une denrée rare. Bein que la société ait réalisé un forage, les habitants du village Moribignedou n’en sont pas satisfaits. À Wataférédou II, les villageois se plaignent de la nuisance sonore et de la poussière.
Eu égard aux dommages causés aux riverains du Projet Simandou, Lanciné Donzo, coordonnateur du comité, demande à ce que les victimes soient rétablies, c’est-à-dire soient indemnisées, dans leur droit. Puisque ayant perdu leurs terres agricoles, leurs moyens de subsistance. « Ce sont des pères de familles qui ont des charges ».
Si le comité de suivi de Beyla n’apprécie pas son non implication dans la résolution de certaines plaintes par la société, il loue la multiplication des visites de terrain organisées par Rio Tinto à l’endroit des communautés impactées. Mais plaide pour que soient respectés « le souhait ardent des communautés de bénéficier de plusieurs communications sur le projet Simandou, leurs droits et devoirs vis-à-vis des entreprises et les moyens de recours légaux. »
Mamadou Adama Diallo

