Du 13 au 23 avril 2026, le Pape Léon XIV effectuera une visite en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée Équatoriale. Lors des dernières décennies, on a observé que les Papes, en particulier Jean-Paul II, ont peu à peu renoncer à la sédentarité pour apporter aux peuples partout dans le monde, des messages de paix, d’amour de justice et de solidarité. C’est dans cette perspective que s’est inscrit Léon XIV lorsqu’il s’est décidé à rendre visite à certaines populations d’Afrique en butte à des difficultés sociétales.

En Algérie, première étape de son périple africain, Léon XIV a défendu le dialogue inter-religieux et s’est rendu à Annaba (l’antique Hippone). Cette étape, effectuée sur les traces de saint Augustin, vise à donner une dimension spirituelle à son voyage. Quoiqu’il en soit, l’Algérie, presque entièrement musulmane, a réservé au Pape un accueil délirant.

La deuxième étape de ce périple africain a été le Cameroun. Pays à forte majorité chrétienne, le Cameroun a tout naturellement ovationné le Souverain pontife, à son arrivée à l’aéroport de Yaoundé où il a été accueilli sur le tarmac par le président Paul Biya. Là comme à Bamenda (zone rebelle) et à Douala, il a vanté les mérites de la solidarité à travers la prospérité partagée et de l’unité. L’irrédentisme des régions anglophones et la récurrence de la problématique du chômage des jeunes justifient la thématique des interventions du Pape au Cameroun. Il a dit ce que les populations, notamment les jeunes, voulaient entendre. La paix et la lutte contre la corruption.

Après le Cameroun, Léon XIV a mis le cap sur l’Angola. Accueilli à l’aéroport de Luanda par le président João Lourenço, le Pape a délivré un message de paix et de condamnation de la paupérisation de la masse à travers l’exploitation insensée des richesses naturelles (bois, pétrole) par des multinationales et des sociétés compradores, sur fond de corruption. Ce discours papal à la fois courageux et pertinent, dans le contexte angolais, a été apprécié et vivement applaudi par le peuple qui s’y retrouve. Le Souverain pontife profite de sa présence en Angola pour se rendre dans l’enclave de Cabinda, meurtrie par de longues années de guerre fratricide. Là, il délivre le même message fort de paix, de fraternité et d’amour. L’espoir et l’espérance qu’il soulève sont à la mesure de la détresse des populations.

Léon XIV achève son odyssée apostolique de dix jours en Guinée Équatoriale où il sera du 21 au 23 avril. Pays majoritairement chrétien, la Guinée Équatoriale l’accueillera, à n’en pas douter, dans l’allégresse et la ferveur.

Quels enseignements retenir du voyage apostolique de Léon XIV ? Il s’est évertué à délivrer çà et là des messages de paix, de justice, d’amour, sans craindre, d’indisposer, par moments, ses hôtes. Il a mené une charge contre les promoteurs de mauvaise gouvernance, les prédateurs des richesses nationales et les fossoyeurs des libertés individuelles et collectives. Les pays visités lui ont servi d’illustrations thématiques. La nécessité du dialogue inter-religieux ne lui a pas échappé.

 Léon XIV, lors de ce périple africain, n’a pas dérogé à l’image de Pape de la modernité qu’il s’est forgée.

Abraham Kayoko Doré