Mardi 12 mai, l’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone a effectué une visite de terrain dans la sous-préfecture de Timbi Tounni afin d’apprécier les infrastructures d’adduction d’eau potable réalisées par la diaspora. Luc Briard a également pris part à la cérémonie de pose de la première pierre du projet de renforcement du système d’alimentation en eau potable de Timbi Madina.

À Timbi Tounni, la réalisation du réseau d’adduction d’eau potable a débuté en 2020. Le Projet porté par la diaspora guinéenne de France à travers l’ADTTF (Association pour le développement de Timbi Tounni en France), en partenariat avec HAMAP-HUMANITAIRE a été financé par le SEDIF (Syndicat des Eaux d’Île-de-France) et d’autres bailleurs français. Le coût total tourne autour d’un demi-million d’euros.

Officiellement inaugurée en 2024, l’infrastructure comprend deux forages du 7ème FED et de la BID. Entièrement réhabilités, ils sont désormais équipés d’un système de pompage hybride, solaire et électrique. Soit une capacité de production installée de plus de 200 000 litres d’eau par jour, couvrant environ 8 000 habitants de la sous-préfecture.

Accueilli chaleureusement par les populations locales, le diplomate français a constaté l’ampleur des travaux réalisés en quatre ans. Vêtu du traditionnel boubou leppi et coiffé du célèbre bonnet pouto du Fouta-Djalon, Luc Briard a salué un projet qui a considérablement réduit les corvées d’eau pour les ménages. Les femmes, notamment, étaient autrefois contraintes de parcourir des kilomètres pour trouver de l’eau potable.

Escale à Pellel Bantan

En route vers Timbi Madina, le diplomate français a fait escale dans le district de Pellel Bantan, qui a bénéficié en 2018 du premier système d’adduction d’eau potable de la sous-préfecture de Timbi Tounni. Il a visité l’école primaire de Pellel Bantan, construite en 1992 et récemment agrandie par la construction de trois nouvelles salles de classe, avec l’appui financier de l’association française, La Guilde.

La délégation a mis cap sur Timbi Madina, sous-préfecture voisine, où elle a été accueillie par les autorités administratives et les populations locales.

Placée sous le slogan « L’eau, c’est la vie », la cérémonie a connu la pose de la première pierre du projet d’extension et de réhabilitation du réseau d’eau potable. Le président de l’ADTTF, Abdoulaye Bah, a expliqué l’objectif du projet : « Il existe déjà un réseau d’eau à Timbi Madina, nous voulons le renforcer. Le projet se déroulera en plusieurs phases, selon les financements mobilisés auprès des bailleurs ».

La première phase prévoit la restructuration du système actuel, la réalisation d’au moins deux nouveaux forages et la construction d’un château d’eau qui va centraliser l’eau pompée. Les phases suivantes porteront sur l’extension du réseau, afin de couvrir toute la sous-préfecture.

Un exemple à suivre

Directeur général du SNAPE (Service national d’aménagement des points d’eau), Aladji Fodé Kaba a rappelé que l’initiative est des ressortissants vivant à l’étranger. « Ce sont des natifs de Timbi Tounni qui ont initié ce projet. Le SNAPE les accompagne sur le plan technique et de l’ingénierie, notamment dans la connaissance du sous-sol ». Aladji Fodé Kaba appelle la diaspora guinéenne à s’inspirer de cette initiative citoyenne. « Il ne faut pas toujours attendre l’État. Nous voulons dupliquer cette expérience à l’échelle nationale », a-t-il déclaré.

Le futur réseau d’adduction d’eau potable de Timbi Madina sera réalisé en quatre phases et devrait couvrir un rayon d’environ 50 kilomètres. Le projet est majoritairement financé par Hamap Humanitaire France. La cheffe de projet accès à l’eau et assainissement de l’ONG, Tamara Audonnet, a précisé que 200 000 euros sont déjà sécurisés grâce au soutien du Syndicat des eaux d’Île-de-France. « Nous prévoyons déjà plus de 20 kilomètres de réseau pour les premières phases. C’est un projet qui nécessitera plusieurs années de travail ainsi qu’une forte mobilisation des populations et des autorités locales », a-t-elle souligné.

Afin d’assurer un meilleur suivi et la pérennité des infrastructures, un logiciel de gestion du service de l’eau sera également créé par la start-up guinéenne : TCM développera un système adapté aux réalités de Timbi Tounni et Timbi Madina.

« Une initiative exemplaire »

Pour l’ambassadeur de France, sa visite visait surtout à mettre en valeur l’initiative portée par la diaspora guinéenne : « Ce projet a changé la vie des communautés, particulièrement celle des femmes qui étaient chargées de la corvée d’eau. Il améliore la santé, libère du temps pour l’éducation et favorise les activités économiques ». Le diplomate français s’est félicité de l’implication des collectivités territoriales françaises et des ONG partenaires dans la concrétisation du projet. « C’est une intelligence collective qui apporte des solutions locales à des besoins essentiels », a conclu Luc Briard.

Au nom des bénéficiaires, Djénabou Diallo a exprimé sa gratitude envers Hamap Humanitaire et l’Association pour le développement de Timbi Tounni en France. Elle a promis de veiller à la préservation des acquis.

La cérémonie s’est achevée par des prières et des bénédictions formulées par les leaders religieux de Timbi Madina pour la réussite et la pérennité du projet.

Abdoulaye Pellel Bah

Envoyé spécial