Prévue le 9 mai, la Délégation de l’UE en Guinée a convié le 8 mai, diplomates, autorités et autres invités divers pour célébrer la journée de l’Europe. Occasion pour rappeler le processus de création de l’Union et passer en revue le partenariat avec la Guinée, l’Afrique.

Commémorée en mémoire de la Déclaration Schuman du 9 mai 1950, cette Journée symbolise la naissance du projet européen et l’engagement des nations du Vieux continent en faveur de l’unité et de la paix, a rappelé l’ambassadeur de l’UE à Conakry, Xavier Sticker. Lors de cette cérémonie, le diplomate européen a rappelé les principes de solidarité et de coopération qui ont jeté les bases de la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale, ainsi que la création de l’Union européenne.

Puis, il a rappelé les relations entre son institution et la Guinée, les actions menées dans des secteurs clés tels que la santé, les infrastructures routières, la formation, l’électricité, l’environnement, l’assainissement, l’entrepreneuriat et la réinsertion des jeunes migrants.

Souvenir d’espérance

Dans son allocution, Xavier Sticker a insisté sur la portée historique et symbolique de la Journée du 8 mai, non sans évoquer les défis du moment : « Nous nous sommes réunis ce soir dans un moment de souvenir. Le 8 mai 1945, l’Europe sortait de la guerre, ravagée, dévastée…Et les Européens étaient des naufragés sur les rivages de la désolation. Cinq ans et un jour plus tard, le ministre français des Affaires étrangères de l’époque, Robert Schuman, publiait une déclaration dont le cœur, en substance, consistait à mettre en commun la production de charbon et d’acier des six pays fondateurs de l’Union européenne, de manière à ce que ceux qui constituaient la richesse de l’époque, mais aussi ceux dont on faisait les armes et les canons, puissent ne pas reproduire les dégâts que l’Europe a connus et replonger le continent au fond de l’abîme. C’est ce souvenir qui nous anime aujourd’hui : un souvenir d’espérance et de réussite. L’Europe, c’est la paix, l’État de droit, les droits de l’homme. »

Des valeurs mises à rude épreuve par les enjeux géopolitiques actuels, dont les menaces liées à la désinformation, déplore l’ambassadeur de l’UE. « Nous ne sommes pas seuls et nous cherchons des partenaires. Lorsque nous choisissons la Guinée comme partenaire et que la Guinée nous fait l’honneur d’être dans une logique réciproque dans un tel partenariat, nous cherchons en la Guinée et plus largement en l’Afrique, un pays et un continent qui aujourd’hui encore partagent cet objectif et nous permettra, ensemble, que nous soyons plus forts pour résister face à toutes les menaces contre l’ordre international », a-t-il plaidé.

L’inclusion comme mot d’ordre

Le chef de la Délégation de l’Union européenne a abordé le processus politique en Guinée, souligné l’importance d’une transition concertée et ouverte à toutes les composantes nationales : « La Guinée a tenu avec succès un référendum, puis une élection présidentielle. Et dans à peine trois semaines, les Guinéens et Guinéennes se rendront aux urnes pour des élections législatives et locales qui seront un jalon supplémentaire pour parachever cette transition. Le mot-clé pour l’Union européenne, c’est l’inclusivité. C’est un critère d’une importance capitale, tant celle-ci permettra demain à tous les Guinéens et Guinéennes de se retrouver dans les institutions qu’ils se seront données ».

S’exprimant au nom du gouvernement guinéen, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger a mis en avant les avancées du partenariat entre la Guinée et l’Union européenne : « La République de Guinée attache une importance particulière à sa coopération avec l’Union européenne, fondée sur le respect mutuel, la confiance, le dialogue politique permanent et la volonté commune de promouvoir le développement durable, la stabilité et le bien-être de nos populations. Cette coopération s’est considérablement renforcée dans plusieurs domaines stratégiques, notamment les infrastructures, l’énergie, l’éducation, la santé, la gouvernance, la sécurité alimentaire, la formation des jeunes ainsi que l’appui aux réformes institutionnelles, constitutionnelles et économiques. »

Abdoulaye Youla, qui représentait le ministre Morissanda Kouyaté en déplacement, a appelé à un partenariat euro-africain plus équilibré, davantage centré sur les attentes et les ambitions de la jeunesse. « Le contexte international actuel marqué par les crises sécuritaires, les défis migratoires, les changements climatiques, les tensions économiques et les mutations technologiques nous rappellent plus que jamais la nécessité d’un partenariat renforcé entre l’Afrique et l’Europe. Notre jeunesse a besoin d’opportunités, d’éducation de qualité, de formation professionnelle et d’accès au financement afin de construire son avenir sur le continent africain plutôt que de risquer sa vie sur les routes migratoires irrégulières. »

Mariama Dalanda Bah