Les 11 et 12 mai 2026, le Kenya et la France ont organisé à Nairobi, le Sommet inaugural de l’Africa Forward. Cette rencontre de haut niveau a rassemblé une trentaine de Chefs d’Etat et de Gouvernement, environ 1500 entreprises et près de 2000 invités du monde politique, des affaires et de la société civile, pour débattre de la problématique du changement et du renforcement du partenariat économique et structurel entre la France et l’Afrique.

Ce changement de paradigme intervient au terme de plusieurs décennies de coopération franco-africaine, marquée par un paternalisme de la France qui a fini par révulser les Africains. Les sommets France-Afrique qui regroupaientt généralement à Paris, autour du Président français, ses pairs d’Afrique francophone, ressemblaient plutôt à une salle de classe dans laquelle un maître omniscient et omnipotent impose ses désirs à des apprenants.

Souveraineté alimentaire.

Cette révulsion s’est d’abord traduite par des mouvements isolés de saute d’humeur, avant de se généraliser et de priver la France de ses pré-carrés en Afrique occidentale (en particulier au Sahel) et équatoriale.

A l’occasion du Sommet de Nairobi, qui inaugure cette nouvelle perception des relations de coopération entre la France et ses partenaires du continent africain, divers sujets  d’importance majeure ont été débattus. Ainsi, on a commencé par soumettre à la sagacité des Chefs d’Etat et de Gouvernement, des chefs d’entreprises et des activistes de la société civile, l’importante question de la restructuration de l’architecture financière internationale défavorable au Sud et qui ne lui permet pas de tirer profit de son travail et de ses ressources naturelles (sylvo- agricoles, halieutiques, minières etc).

La problématique de la finance internationale est d’une importance capitale, car elle plombe le développement des Etats sous-développés. Aussi, les participants ont confronté leurs différents  points de vue sur les politiques agricoles et les stratégies pour atteindre la sécurité et la souveraineté alimentaires, car beaucoup de pays africains peinent à  réaliser l’autosuffisance alimentaire et restent donc vulnérables à la faim et à la famine.

Une telle rencontre ne peut pas ignorer les grands enjeux de l’heure. De longues discussions ont été consacrées aux causes et aux conséquences du changement climatique sur les activités économiques du continent. On n’a pas non plus omis de sonder les pistes de solutions à ses effets négatifs.

Pandémies émergentes

Le secteur de la santé, notamment celui de la pharmacie, a capté l’attention du beau monde invité à Nairobi. L’Afrique est totalement dépourvue d’industries  pharmaceutiques alors qu’elle connait fréquemment de graves pandémies émergentes, face auxquelles elle demeure sans défense. La formation du capital humain a particulièrement attiré l’attention des participants de la conférence. En l’absence d’une population éduquée, il est illusoire d’envisager de relever les défis du développement durable. Cela constitue aujourd’hui une exigence, dans la mesure où l’Afrique ne doit pas manquer la révolution numérique et de l’intelligence artificielle (IA).

Les infrastructures ont-elles, aussi, occupé une place de choix dans les débats, compte tenu de leur importance dans le processus de développement. Les participants à la Conférence de Nairobi comptent sur le savoir-faire technologique et technique français pour apporter les réponses les plus efficaces aux différentes problématiques évoquées.

Abraham Kayoko Doré