Les sous-préfectures de Timbi–Tounni et Timbi–Madina, dans le buisson de Pita sont privées d’électricité. Plongé dans le noir depuis le 10 mai, le populo de ces coins fait face à d’importantes pertes économiques et à de nombreuses difficultés. Une décharge électrique serait à l’origine de l’interruption de la fourniture du courant mercenaire d’Électricité de Guinée (EDG).
Les délestages électriques continuent de perturber le quotidien des Guinéens. À l’image de Cona-cris, plusieurs buissons de bled fournis en électricité, restent régulièrement sans une luciole pendant des jours. Les cas de Timbi-Tounni, Timbi-Madina, Sintaly, Pellel Bantan (Moyenne-Guinée), excusez du peu, illustrent la triste réalité. Pourtant raccordées au système interconnecté des barrages de Kaléta et de Souapiti, ces localités vivent depuis des jours dans l’obscurité. Lampes, ventilateurs, congélateurs et autres appareils électroménagers sont tous à l’arrêt. Les activités liées à la soudure sont quasi à l’arrêt.
Les conséquences sont considérables pour le populo, habitué à l’électricité fournie par EDG. De nombreuses familles ayant progressivement abandonné leurs installations solaires, laissées sans entretien depuis plusieurs années, sont les grandes victimes. En l’absence de groupes électrogènes capables de prendre le relais, les téléphones portables sont déchargés, tandis que les denrées stockées dans les congélateurs (poissons, poulets, sauces et autres aliments) ont terminé leur conservation dans la poubelle.
Une situation difficile pour ces populations rurales qui multiplient les efforts, pour conserver les provisions et éviter de longs déplacements vers les marchés hebdomadaires, afin de se ravitailler.
Panne ou délestage ?
À ces hics, s’ajoute le manque de Com autour de la panne. Jusqu’au moment où nous allions sous presse, aucun calendrier précis n’a été communiqué aux habitants concernant le rétablissement de l’électricité. Les populations qui pointent du doigts l’interconnexion avec les bleds voisins, disent être informées seulement qu’une panne technique serait à l’origine de la coupure, sans plus de détails sur la nature exacte du problème, ni sur sa localisation.
Joint par Le Lynx, un employé d’EDG à Pita a indiqué qu’il s’agirait d’une décharge électrique, sans toutefois préciser l’endroit exact de l’incident. « Tout ce que je peux vous dire, c’est que nous sommes à pied d’œuvre pour rétablir le courant. Si tout se passe bien, l’électricité pourrait revenir dans les foyers dans la soirée du 15 mai », a déclaré Tahirou Bah. Selon lui, il ne s’agissait pas d’un délestage, mais bien d’une panne technique. Et toc !
Effectivement, le 15 mai, le courant était revenu dans les ménages de ces localités. Seulement voilà, leurs habitants se plaignent de la « faible tension » de l’électricité fournie. Cette chute de la tension permet à peine d’allumer les ampoules.
Statuquo à Cona-cris
Pendant ce temps, à Cona-cris, le quartier Almamyah est aussi privé d’électricité depuis le 11 mai. Là encore, un incident sur des câbles souterrains serait à l’origine de la coupure. EDG peine à communiquer sur la situation. Sur ses réseaux sociaux, le 12 mai, la société a toutefois annoncé le lancement de travaux sur ses réseaux moyenne et basse tension dans le Grand Conakry, afin de sécuriser les installations électriques et à limiter les perturbations pendant la saison des grandes pluies.
« En prélude à la saison des grandes pluies, Électricité de Guinée (EDG-SA) a lancé cette semaine des travaux d’élagage sur son réseau électrique dans le Grand Conakry afin de sécuriser les installations électriques et limiter les perturbations liées aux intempéries. Ces opérations visent à prévenir les incidents causés par la proximité des arbres avec les lignes électriques et à renforcer la continuité de la desserte durant la saison des pluies. Les équipes techniques restent pleinement mobilisées sur le terrain pour assurer la sécurité des populations et la fiabilité du réseau électrique », écrit EDG.
Alors que la saison des pluies s’annonce déjà en Guinée, les habitants espèrent un retour rapide et durable de l’électricité, afin d’éviter de nouvelles pertes et d’autres désagréments dans les semaines à venir.
Abdoulaye Pellel Bah

