Le pays se situe dans les Caraïbes en Amérique centrale. Il couvre une superficie de 27 750 km² et abrite environ 11 millions d’habitants. Les tribus Taïnos, premiers occupants des terres, sont décimées sous la colonisation espagnole après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492. Par le Traité de 1697, l’Espagne cède la colonie à la France qui va s’activer à importer des millions d’esclaves africains pour créer et entretenir ses plantations de café et de cannes à sucre. Cela va durer un peu plus d’un siècle.

Mais comme toute chose a une fin, les esclaves s’organisent et réclament l’indépendance du pays, ce à quoi la France oppose un refus catégorique. La guerre de libération éclate sous la conduite de Toussaint Louverture qui sera arrêté et embastillé dans une tour en France. C’était sans compter avec le courage et la détermination des compagnons de lutte du héros, l’armée de l’empereur Napoléon 1er est battue à plate couture et Haïti proclame son indépendance le 1er janvier 1804, devenant par ce fait, la première république noire de l’histoire. La République compte aujourd’hui 222 ans.

Cette victoire est saluée par tous les esprits anti-esclavagistes du monde, mais particulièrement célébrée par les chantres de la poésie haïtienne. Citons-en quatre parmi les plus grands.

¾ Damoclée VIEUX (1876-1936) dans « Les Héros »

¾ Tertullien GUILBAND (1856-1941) dans « Dix-huit cent quatre »

 ¾ Charles MORAVIA (1875-1938) dans « À la mémoire de Toussaint Louverture »

¾ Arséne CHEVRY (1867- ?) dans « Vision patriotique »

Ces poèmes ciselés à la manière des grands poètes français sont si harmonieux et si émouvants qu’on éprouve un immense plaisir à les lire. Mais que devient Haïti aujourd’hui ? Un cloaque de violences entretenues par des gangs rivaux qui, selon les médias, occupent 90% Port-au Prince, la capitale, terrorisant sans arrêt la population. La communauté internationale a beau y envoyé des milliers de casques bleus des Nations unies en vue de mettre fin au chaos, rien n’y fait.

Quel contraste entre Haïti la gloire d’antan et Haïti des temps présents à bord de la décadence totale, c’est à vous fendre l’âme !

Walaoulou BILIVOGUI