Le procès du chauffeur accusé d’avoir provoqué le tragique accident de Diarabaka, dans la préfecture de Mamou, le 29 juin dernier, s’est ouvert mardi 7 juillet au tribunal de première instance de Mamou. Mamadou Saliou Diallo est poursuivi pour homicide involontaire, coups et blessures involontaires et destruction de biens privés.

Le 29 juin, un véhicule de transport en commun en provenance de Conakry, à destination de Sannoun, dans la région de Labé, est violemment entré en collision avec un camion-remorque à quelques kilomètres de l’entrée de Mamou. Le bilan avait été particulièrement lourd : 15 morts sur le coup, dont plusieurs écoliers qui partaient en vacances, avant qu’un blessé ne succombe quelques jours plus tard, portant le nombre de victimes à 16 morts. Le drame avait profondément ému l’opinion publique.

Après l’accident, le chauffeur du camion avait pris la fuite. Il a finalement été interpellé par les autorités judiciaires. Mamadou Saliou Diallo, 24 ans, comparaît depuis le 7 juillet devant le tribunal de première instance de Mamou.

Dès l’ouverture des débats, le prévenu a plaidé coupable des faits qui lui sont reprochés. « Je ne suis pas là pour avoir raison », a-t-il déclaré, avant de demander pardon aux familles des victimes. Il a soutenu que l’accident s’était produit de manière involontaire, tout en affirmant que le taxi serait sorti de sa trajectoire et aurait provoqué la collision. Il a toutefois reconnu qu’il roulait à grande vitesse : « Je n’ai pas pu immobiliser mon véhicule à temps », a-t-il admis.

Cette version est cependant contredite par les conclusions du constat établi par la gendarmerie routière de Mamou. Selon les enquêteurs, le camion aurait quitté son couloir dans un virage avant de percuter le taxi et de le traîner sur plusieurs mètres.

À l’audience, l’une des parties civiles, qui dit avoir perdu son grand frère ainsi que l’épouse et les quatre enfants de celui-ci dans le drame, a réclamé trois milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts au prévenu et à sa compagnie d’assurance.

L’affaire a été renvoyée au 28 juillet, pour la comparution des responsables de la compagnie d’assurance du camion.

Yacine Diallo