Le 23 mars, Mohamed Lamine Bangoura, ancien président de la Cour constitutionnelle de Guinée, a fait une brève comparution devant la Chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief). En cause, l’absence des parties au procès à l’audience du jour, notamment la défense et la partie civile représentée par l’Agent judiciaire de l’Etat.
L’audience qui devait se tenir le 18 mars avait été renvoyée à ce 23 mars, à cause du décès de l’avocate Me Saran Djoumessy; apparemment sans la consultation des parties.
« Je ne sais pas où se trouve mon avocat. Je n’ai savais pas qu’il y avait procès aujourd’hui. C’est à 11 heures qu’on m’a informé de cela », s’est étonné Mohamed Lamine Bangoura à la barre.
Dans la salle d’audience, pas l’ombre d’un avocat de la partie civile.
L’ancien président de la Cour constitutionnelle, en détention depuis le 15 décembre 2022 à la Maison centrale de Coronthie, est poursuivi pour des faits présumés de « détournement de deniers publics, de corruption, d’enrichissement illicite, de blanchiment de capitaux et complicité ». Le tout porte sur une cagnotte de vingt milliards de francs guinéens.
Ses coprevenus et ex-collègues à la Cour constitutionnelle, Amadou Diallo, Sidiki Sylla et Rouguiatou Barry sont en fuite.
Le president de la Cour, Yagouba Conté, a renvoyé l’affaire au 30 mars, pour la comparution des prévenus en fuite et la suite des débats.
Yaya Doumbouya


