Mercredi 25 mars, Dansa Kourouma, président du Conseil national de la Transition (CNT), s’est longuement exprimé à l’occasion de la présentation du discours de politique générale du Premier ministre Amadou Oury Bah. Il a soulevé les exigences républicaines, les attentes envers le gouvernement et appelé à une culture du résultat.
Dansa Kourouma a évoqué « des moments dans la vie d’une Nation où le temps semble suspendre son cours ordinaire », soulignant que la présentation de la déclaration de politique générale dépasse le cadre protocolaire. Il constitue « un acte politique majeur, un engagement public, un point de référence pour l’évaluation de l’action gouvernementale », ancré dans les traditions démocratiques et désormais intégré dans les pratiques institutionnelles guinéennes.
Le président du CNT a insisté sur la portée de cet exercice, rappelant que la Déclaration de politique générale n’est pas un simple discours. « Elle est un instrument d’orientation et d’évaluation ». Il a formulé des attentes : « Nous formons le vœu que les priorités qui seront déclinées soient pertinentes, cohérentes, mesurables et soutenables », condition indispensable pour renforcer la confiance entre les institutions et les citoyens.
Le patron du CNT a marqué une rupture nette entre la période de transition et la nouvelle phase institutionnelle. « Nous ne sommes plus dans l’incertitude des commencements (…) nous sommes entrés dans un temps plus exigeant : celui de la maturité républicaine », a-t-il affirmé.
Éviter l’opposition stérile
S’adressant directement au Premier ministre, Dansa Kourouma a souligné que ce passage « appelle une transformation des pratiques, une élévation des responsabilités et une intensification des attentes ». Selon lui, « gouverner dans l’exception n’obéit pas aux mêmes règles que gouverner dans la normalité constitutionnelle ». Insistant sur la nature des relations entre le CNT et le gouvernement, il exhorte « une relation de franchise…, mais surtout une relation d’exigence », excluant à la fois la complaisance institutionnelle et l’opposition stérile. « Le pouvoir n’est jamais une facilité, il est une épreuve », appelant à la rigueur et à la responsabilité dans l’action publique.
Énumérant les priorités, le président du CNT est revenu sur le Programme Simandou-2040, le qualifiant de « levier de transformation, de pari sur l’avenir », mais aussi « de test pour notre capacité collective à traduire une ambition en résultats ». Il a mis en garde contre les risques liés à la gestion des ressources et insisté sur « la cohérence, le financement et l’exécution » des politiques publiques, ainsi que sur la nécessité de « choisir, hiérarchiser et assumer ».
Attentes sociales majeures
Dansa Kourouma a mis en exergue les attentes des citoyens, entre autres : accéder à un emploi digne, se soigner, éduquer ses enfants et vivre dans un environnement sécurisé, indiquant que « c’est à l’aune de ces attentes que sera jugée l’action publique ». Il a insisté pour que la couverture universelle devienne « une réalité tangible ». Il a invité à renforcer la scolarisation des filles : « une Nation qui éduque ses filles élève son avenir ».

Pour Dansa Kourouma, la réussite de l’action gouvernementale repose sur la gouvernance. « Sans gouvernance, les politiques se dispersent, les ambitions se perdent ». Il a rappelé que « la lutte contre la corruption, la redevabilité, sont les conditions mêmes de la crédibilité de l’État ». Arguant que « la confiance ne se décrète pas. Elle se construit ».
La justice ? Après avoir orienté la transition pendant quatre longues années, Dansa estime que la justice doit rester « la boussole de la République », garante de l’État de droit et des libertés fondamentales.
Obligation de résultat
Le président du CNT a suggéré un changement profond des pratiques publiques et d’opter pour « une culture du résultat, d’évaluation et de responsabilité ». Il prévient que « le temps des déclarations ne suffit plus. Le temps des preuves est venu », avant d’interpeller le Premier ministre sur le fait que « le peuple observe…, non pas avec impatience, mais avec exigence ». Il réitère que « l’histoire ne retient pas les intentions, elle retient les résultats ».
Abdoulaye Pellel Bah


