Le procès d’Ibrahima Sory Diallo au tribunal de première instance de Coyah s’est achevé mercredi 22 avril, par une décision ferme du tribunal. La juridiction a rejeté la demande de requalification des faits formulée par la défense, avant de reconnaître l’accusé coupable de viol sur mineure.

Au cours de l’audience, le juge Morlaye Soumah a souligné que le tribunal a rejeté la demande de requalification des faits formulée par les avocats de la défense. « Ibrahima Sory Diallo est plus âgé que la jeune fille. Il a également utilisé de l’argent pour soudoyer l’enfant de le suivre pour faire sa sale besogne. L’accusé n’a jamais reconnu les faits. Cette dénégation est un moins de défense, c’est une contre vérité. Le rapport médico-légal en fait foi d’une pénétration récente », a-t-il expliqué. Il déplore que notre société soit minée de pervers. « Les faits sont graves et constitués à son [Ibrahima Sory Diallo] égard. »

De son côté, l’avocat de la défense, Abdoulaye Keita, fustige le fait que, selon lui, aucune preuve ne permet d’incriminer son client et rejette la réquisition demandant à condamner son client à 15 ans. « Dans cette ordonnance de renvoi, que Ibrahima Sory a été surpris en train de violer Aïcha Bangoura. Aucun témoin de l’enquête préliminaire jusqu’à votre tribunal, aucune preuve qu’il a violé la petite. Il n’y a pas eu viol. Les parents d’Aïcha n’ont jamais dit qu’ils ont trouvé Ibrahima en action. Cette fille est une habituée des faits. Ce n’est pas avec Ibrahima Sory qu’elle avait commencé. Le demandant à le condamner à 15 ans, vous voulez induire le tribunal en erreur.  Rejeter cette demande M. le président. »

Me Keita demande par ailleurs au tribunal l’application stricte de l’article 544 du Code pénal. « Je suis convaincu que dans cette affaire, vous allez acquitter mon client pour faute de preuve. On ne peut pas se fonder sur de simples déclarations pour dire qu’il y a infraction. Je vous prie respectueusement d’appliquer l’article 544 du Code pénal. Il est gravement malade et le ministère public vous demande de condamner un mourant sans apporter de preuves… »

De son côté, Ibrahima Sory Diallo a exprimé ses regrets et sollicité la clémence du tribunal, afin que sa peine soit allégée. « Je vous ai dit la vérité. Je ne peux pas me cacher de vous, Dieu me voit. Je demande au tribunal de me pardonner, ce n’est pas mon travail. Si vous vous associez à quelqu’un qui ne vous aime pas, vous aurez toujours des problèmes. Sinon, il y a beaucoup d’enfants. Là où je suis, j’ai honte devant ce public…»

Décision du tribunal

Après l’audience, le tribunal condamne Ibrahima Sory Diallo, cinquantenaire, à huit ans de prison. « Le tribunal déclare Ibrahima Sory Diallo coupable de crime de viol sur mineure dont il est accusé. Pour la répression, l’application des articles 116, 268 du Code pénal, 441 et 497du Code de procédure pénal, le condamne à 8 ans de détention criminelle. »

Mariama Dalanda Bah