Un incident aussi intriguant que drôle s’est produit, ce 30 avril, au tribunal de première instance de Dixinn. Ce qui a entraîné la suspension, pendant près d’une demi-heure, de l’audience.
Parmi les dossiers inscrits au rôle d’audience de ce jour, il y avait celui concernant Louncény Kaba. Ce chauffeur de profession est traduit en justice pour « tentative de viol et incitation de mineure à la débauche. »
Il devait être fixé sur son sort ce jeudi. Le juge Mohamed Sangaré l’a renvoyé à des fins de la poursuite pour l’infraction de tentative de viol, mais l’a déclaré coupable d’incitation de mineure à la débauche. Il l’a condamné à 3 ans d’emprisonnement.
Jusque-là, tout roule. Louncény Kaba a déjà purgé sa peine. Lui qui a été placé sous mandat de dépôt le 27 avril 2023. Mais le ministère public, ayant relevé appel contre la décision qu’il juge légère, s’oppose à la libération de l’accusé : « Maintenez-le en détention ! » Cet ordre n’a pas plu au juge : « Faites le calcul pour savoir s’il doit sortir ou non », rétorque ce dernier.
Le calcul est vite fait par un garde pénitentiaire, Louncény Kaba doit sortir : « Alors libéré-le !», enjoint le juge à la garde pénitentiaire. « N’exécutez pas, quand nous aurons formellement la décision, nous verrons ce qu’il y a lieu de faire », persiste le procureur Fanka Oularé. « Libérez-le ! », revient à la charge le juge. « N’exécutez pas !», rétorque le procureur. Le juge a alors suspendu l’audience.
Cet incident n’a pas plu à l’avocat de la défense et à ses autres confrères présents à l’audience : « Nous ne sommes pas venus gérer les crises de nerfs », crie un avocat. Et d’ajouter : « L’accusé, nonobstant l’appel, doit être libéré, selon le Code pénal, parce qu’il a purgé sa peine. Il doit forcément rentrer à la maison. Sinon, nous incidentons. »
L’audience a finalement repris, l’accusé attend toujours de savoir s’il va sortir de prison ou non. Louncény Kaba est envoyé en prison par son ex-patron qui le soupçonne d’avoir tenté de violer ses filles dont il avait charge de convoyer à l’école. Il a nié catégoriquement les faits de tentative de viol, mais a reconnu, sans détour, avoir montré des vidéos pornographiques aux adolescentes, dans le véhicule ou à la maison, en l’absence des parents.
Yacine Diallo

