Le temps des élections, c’est le temps des beaux discours. Les législatives et les communales sont l’occasion de renouveler les élus du peuple, ceux et celles qui sont appelés à voter les lois, à veiller sur l’application de la Constitution, à contrôler l’action gouvernementale. Ces exercices politiques constituent l’essence du système démocratique : le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
L’organisation et le fonctionnement de l’Etat moderne relèvent de ce système que les Etats du Nord ont institué avec succès et qui fait d’eux des pays développés. Ceux des Etats du Sud qui leur ont emboité le pas sont dit pays émergents. Pour le reste à l’image de la Guinée, ce sont de mauvais élèves de la démocratie, des pays sous-développés.
Nous sommes à l’heure des joutes électorales, hommes et femmes, candidats aux différents postes électifs, rivalisent d’ardeur et d’éloquence pour convaincre les électeurs, pour leur arracher leurs suffrages. Qu’est-ce qu’ils nous vendent pour demain, ces candidats ? Tous promettent d’œuvrer pour une Guinée prospère où l’on trouve en abondance l’eau, le courant, les écoles, les hôpitaux, les routes et autres infrastructures. Bref, une Guinée paradis sur terre !
Mais attention, nous entendons ces discours depuis 68 ans! C’est-à-dire depuis l’indépendance. Nous savons que nos élus, une fois promus aux postes sollicités, oublient pour la plupart leurs promesses, s’activent à remplir leurs poches. Ils ne se soignent plus dans nos hôpitaux mais à l’étranger, leurs enfants fréquentent les meilleures écoles d’ici et d’ailleurs, leurs familles se vêtent des plus beaux habits, habitent des villas cossues, s’offrent une nourriture riche et variée.
Finalement, le paradis promis est juste réservé au petit clan de dirigeants qui se croient plus bénis que tout le monde.
Allons donc choisir nos élus le jour-j, parce que voter est un acte citoyen et nous avons le devoir d’être de bons citoyens. Gardons-nous néanmoins de croire aux discours mielleux qui nous endorment et prenoms notre mal en patience, notre misère de Guinéens dans un pays qui ne mérite pas ce triste sort
O. TIERO

