À l’issue de la 9e édition du Festival des Arts et du Rire, le commissaire général a dressé un bilan mitigé. Devant la presse, Mamadou Lamine Diallo, alias Mamadou Thug, a salué une une forte mobilisation du public, des spectacles de qualité mais dénonce le congénital faible accompagnement financier de l’événement.

Le FAR-2026 a vécu du 4 au 11 mai dans la ville de Karamoko Alpha mo Labé.  Alors que les rideaux sont tombés sur la 9ème édition, Mamadou Thug est longuement revenu sur les temps forts du festival. Entre spectacles, formations, concours artistiques, théâtre, slam, humour et carnaval populaire…, pour le Commissaire général, la présente édition a confirmé la montée en puissance du FAR dans le paysage culturel guinéen. « Nous avons vu des spectacles dignes. Que des champions en slam, en théâtre et en humour », s’est-il réjoui, citant notamment les prestations d’artistes guinéens et étrangers, dont des invités venus du Sénégal, du Congo, du Mali, du Niger et de la Côte d’Ivoire.

Mamadou Thug s’est particulièrement félicité du choix des artistes programmés cette année. Selon lui, le public a eu droit à des prestations de haut niveau avec des figures confirmées de la scène culturelle. Il a aussi mis en avant l’atelier musical initié par l’artiste ivoiro-congolaise Mabina, qui a permis aux créateurs de collaborer autour d’un projet artistique commun.

Cependant, derrière cette embellie se cache une réalité beaucoup moins reluisante. À plusieurs reprises, Mamadou Thug a insisté sur les obstacles financiers rencontrés dans l’organisation de l’événement. Parmi ces difficultés, des promesses non tenues de certains partenaires et sponsors. Il n’a pas manqué d’évoquer les charges liées à l’hébergement des invités, à la logistique et au transport. Plus de 200 participants ont été mobilisés durant le festival, pour une trentaine de chambres d’hôtel. Sans compter les villas louées pour héberger les délégations. Tout cela sans un véritable soutien financier de l’État.

L’initateur du festival n’a pas digéré l’absence du ministre de la Culture, alors qu’il aurait confirmé sa présence. Dans son intervention, Mamadou Thug soutient qu’il voulait faire venir la star sénégalaise Baaba Maal à Labé. Selon ses dires, l’artiste était disposé à participer au festival pour soutenir l’initiative et revenir au Fouta, après des décennies. Une venue qui n’a finalement pas pu se concrétiser, faute d’accompagnement institutionnel et de garanties suffisantes.

Distinctions et reconnaissances

L’organisateur du FAR se dit toutefois fier de la mobilisation enregistrée cette année. Allusion au carnaval et à l’engouement du public, lequel constitue pour lui un motif de satisfaction : « Personne ne peut nous faire arrêter », a-t-il lancé. Mamadou Thug insiste sur le fait que le FAR reste avant tout une aventure portée par « l’amour de la culture » et la volonté de valoriser la Guinée à travers les arts.

Le Commissaire général du FAR a présenté les différents prix décernés durant cette édition. Parmi eux figurent le Prix Sisko, dédié à la littérature et à l’éducation, remporté par le groupe scolaire Siradio Diallo; le Prix Sow Bailo qui récompense le meilleur humoriste qui a été pour la première fois remporté par une femme. Le Prix Guimdhi Poular (slam pastoral) destiné à promouvoir les langues nationales et décerné à Exo le Folisophe. Plusieurs autres trophées spéciaux ont été attribués à des partenaires et soutiens de l’événement.

Humoriste en herbe, la jeune Mari Sam a remporté le Prix Sow Bailo pour sa deuxième participation au FAR. Elle n’a pas caché sa joie. « Comme on le dit, la chance ne vient qu’au bout de l’effort », rappelle-t-elle, insistant sur le travail, l’amour du métier et la confiance en soi. « En venant, je m’étais fixé un objectif que je devais atteindre : le trophée certes, mais mon but c’était de toucher le cœur du public avant de remporter le prix », conclut Mari Sam.

La remise des différents prix et trophées a eu lieu dans la nuit du dimanche à lundi 11 mais lors de la grande soirée de clôture organisée sur l’esplanade de l’aéroport de Labé.

Abdoulaye Pellel Bah

Envoyé spécial