En Guinée, la qualité médiocre de la prestation de la fourniture d’électricité aux ménages, aux services et aux industries semble un problème de développement insoluble depuis des lustres. En dépit des efforts manifestes des gouvernements, le problème demeure. Cette année, comme toujours à pareil moment, les coupures d’électricité sont récurrentes et prolongées.
Dès le début de l’indépendance, les autorités décident de poursuivre un vieux projet français d’électrification organisé autour du fleuve Konkouré. Les sites retenus pour la construction des barrages de retenue d’eau sont : Garafiri, Kaléta, Souapiti et Amaria.
Durant le premier régime, à part la sémantique révolutionnaire qu’il sert au peuple, le gouvernement n’est parvenu à édifier aucun de ces infrastructures énergétiques. Il a fallu attendre la fin de l’ère révolutionnaire pour que, sous le régime de Lansana Conté, soit construit le barrage hydroélectrique de Garafiri de 75 MW, en 1999.
Puis seront successivement construits de 2012 à 2018 les barrages de Kaléta (240 MW) et de Souapiti (450 MW). Les travaux de celui d’Amaria (300 MW) entamés en 2018 s’achèveront en 2027, selon les prévisions. Ainsi, la capacité totale installée de ces quatre ouvrages est de 1070 MW.
Quelle alternative ?
Mais on constate, qu’après l’entrée en production de trois de ces barrages, on reste encore loin de résoudre l’équation de la fourniture d’électricité (consommation des ménages, éclairage public et consommation industrielle). Durant les périodes d’étiage, les retenues d’eau s’épuisent et réduisent considérablement la capacité des barrages qui peinent alors à répondre aux besoins des usages individuels et institutionnels, en particulier de la capitale.
En matière de production d’électricité, la solution « barrages hydroélectriques » est-elle une panacée ? Certainement pas. Il y a des solutions alternatives qu’il faut commencer à lorgner, à présent. Il s’agit des énergies renouvelables dont deux, le solaire et l’éolien, peuvent bien être mises en place dans notre pays, terre d’abondance de soleil et de vent.
Le recours aux énergies renouvelables serait d’autant opportun que leur emploi concourt, selon les experts, à réduire la production des gaz à effet de serre, responsables du réchauffement de notre planète.
En tout état de cause, les difficultés qu’éprouve le pays à produire avec l’efficacité et l’efficience requises et les opportunités offertes par les nouvelles énergies imposent un réexamen des politiques énergétiques.
Abraham Kayoko Doré

