Des échauffourées ont éclaté ce lundi 20 avril dans plusieurs axes routiers de Conakry. De la T8, en passant par la transversale T6, T5-Kobaya, Kipé et Hamdallaye, des élèves de certaines écoles publiques ont perturbé les cours de quelques groupes scolaires privés de la banlieue.

Jets de pierre contre gaz lacrymogène, partout les forces de sécurité sont intervenues pour disperser les manifestants. Des enseignants des écoles privées ont été obligés de libérer leurs élèves. La perturbation se passe alors que dans moins d’un mois et demi, les candidats des différents examens nationaux vont affronter les épreuves.

Dès 9 heures, les élèves de l’école publique Dar-Es-Salam 3 sont sortis de leur cour, pour attaquer le groupe Scolaire « Saint Louis » situé à côté. Des jets de pierres dans tous les sens, obligeant les parents paniqués de récupérer leurs enfants.

Aux environs de 11 heures, les élèves du Collège et Lycée Kipé, dans la commune de Ratoma se sont également attaqués à leurs camarades du Groupe Scolaire Bella-École, situé sur la T2. « Tant que nos enseignants ne reviennent pas en classe, vous n’allez pas étudier », a lancé un jeune lycéen furieux. La circulation routière a été interrompue un moment, avant d’être rétablie par l’arrivée de la police qui a dispersé les manifestants, sans le moindre coup de gaz.

La cour du Complexe scolaire Bella-école envahie de cailloux (20 avril 2026)

Mamadou Sidibé, coordinateur du Groupe Scolaire Bella-école, affirme qu’ils ont eu une visite inattendue. « Des élèves du publique sont venus attaquer notre établissement de façon inopinée, parce qu’on ne s’attendait pas. Les pierres jaillissaient de partout. Aussitôt, nos élèves sont sortis pour affronter les assaillants. Mais comme on ne souhaiterait pas un affrontement, on n’a été obligés de libérer nos élèves et faire appel aux forces de sécurité, pour limiter les dégâts. Sans quoi, nous risquions d’être une grande victime. Malgré tout, les dégâts sont énormes, comme vous pouvez le constater », explique-t-il, avant d’ajouter qu’il n’y a aucune perte en vie humaine. « Les boutiques dans l’enceinte de l’école et la plupart des vitres de nos salles de classes ont été vandalisés. Comme vous le voyez, la cour de l’école est remplie de cailloux. Pourtant, nous n’incarnons pas les mêmes responsabilités », a regretté l’encadreur.

Appel au dialogue entre syndicat de l’éducation et gouvernement

Initialement annoncée pour le 20 avril, la grève des enseignants a finalement été reportée dans la soirée du 18 avril. L’intersyndicale de l’Éducation FSPE-SNE avait choisi d’accorder une nouvelle chance au dialogue engagé avec le gouvernement.

Mamadou Sidibé exhorte tout de même le gouvernement à revenir au tour de la table. « Le moment n’est pas opportun, à partir du moment où les examens s’annoncent, les programmes ne sont pas achevés, il y a tout un panel à respecter. Du coup, il faudrait qu’ils [syndicalistes et gouvernement] échangent afin de trouver une issue favorable. Au cas échéant, cela peut affecter les candidats aux différents examens de fin d’année. Il y a eu des moments où les élèves n’allaient pas à l’école et si une grève vient paralyser les cours, je pense que l’année scolaire risque d’échouer ».

Durant le week-end, des rumeurs d’une grève ont couru à travers Conakry qu’il y aurait eu grève aujourd’hui, du fait de la menace de grève du SNE (Syndicat national de l’éducation), dirigé par Michel Pépé Balamou. L’appel au dialogue du gouvernement a ajourné la grève. Mais les mouvements d’humeur dans certaines écoles publiques de Conakry indiquent qu’il y a eu insuffisance de communication entre syndicat du SNE et des enseignants.

Kadiatou Diallo