Le 6 mai, la première pierre pour la construction d’un complexe académique à Bambéto, commune de Ratoma, a été posée par le Premier des ministres. Une « justice » rendue à une zone longtemps « marginalisée », jubile Amadeus Oury Bah.
Sur l’Axe Hamdallaye – Kagbélen, la présence de l’État se remarque plus par ses services répressifs (commissariat de police, escadron de gendarmerie, brigade anticriminalité) que par des infrastructures sociales de base (école, hôpital…). Le régime Doum-bouillant s’échigne à changer cette triste réalité qui fait passer les habitants de ce fief de l’opposition comme étant des citoyens de seconde zone : construction de l’Échangeur de Bambéto, celle en cours du projet « Émergence Bambéto-Cosa » qui promeut l’insertion professionnelle et la lutte contre la délinquance juvénile (avec des espaces de commerces et de loisirs)…
Et le goubernement a lancé le 6 mai les travaux de construction du Centre académique intégré de Bambéto, censé réduire les kilomètres que les gamins du coin parcourent pour rallier une école publique. Alya Bangoura, porte-voix du groupement BDB, en charge des travaux, détaille que le complexe accueillera plus de 1 500 élèves. Il comprend 36 salles de classe, réparties entre le primaire, le collège et le lycée, une infirmerie, une cantine, des logements pour les gens-saignants et un terrain multisports (football, basketball et handball). Le tout bâti sur trois hectares. La faim des travaux est annoncée dans un délai de 18 mois. Ainsi, choit-il.
« Réparer l’injustice »
La cérémonie a mobilisé populos de Ratoma et d’ailleurs : nounous, marmots, autorités communales et une forte délégation du goubernement, naturellement. C’est leurre de la campagne pour les sélections légis-tardives et communales. Amadeus Oury Bah a présidé la cérémonie. A ses côtés, Alpha Bacar Barrit, ministre de l’Éducation nationale, de l’alphabétisation, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, Djami Diallo, la bosse de l’Environnement et du développement durable et par ailleurs porte-voix adjointe du goubernement.

Gosse, Alpha Bacar Barrit se souvient de ses années passées à Hamdallaye. Lui-même devait aller à Ratoma pour le collège et à Kipé, une fois lycéen. Trois décennies après, « il n’y a toujours pas de collège ni de lycée public dans cette zone. Beaucoup de jeunes ont abandonné l’école faute de moyens pour intégrer des établissements privés ou manque de courage pour parcourir de longues distances », déplore le ministre. Le Prési de la Rou-publique, à travers son goubernement, « tente de réparer une partie de cette injustice, car une mauvaise répartition des infrastructures éducatives prive de nombreux enfants d’un accès de proximité à l’école », poursuit-il.
« Traces profondes »
Le chef du goubernement d’agrémenter : « La construction de ce complexe académique n’est qu’un acte de justice. Pendant très longtemps, les populations de ce pays ont été divisées, opposées à des gouvernants qui aimaient le pouvoir, mais pas la population guinéenne et qui ont fait beaucoup de tragédies. Beaucoup de familles de cette zone [Bambéto] en sont jusqu’à présent marquées. Certaines populations ont été marginalisées par des gouvernants qui privilégiaient le pouvoir au détriment des citoyens. Cela a laissé des traces profondes ».

En construisant le complexe académique, on offre des perspectives aux jeunes pour qu’ils puissent se construire et se projeter dans l’avenir, « on forme des citoyens modernes, au service d’eux-mêmes et du pays tout entier », insiste Amadeus Oury Bah.
Le chef du quartier de Bambéto, Mamadou Ousmane Diallo, a salué la magnanimité du Timonier : « Nous sommes très contents du président Mamadi Doumbouya. Nous sommes avec lui. Les gens de Bambéto ont compris. Les enfants m’ont promis qu’il y aura la paix ici. Quand il y a la paix à Bambéto, il y aura la paix dans toute la Guinée. On est très contents du complexe. On attendait cela depuis fort longtemps ».
Au-delà de Bambéto, Alpha Bacar Barrit annonce la pose de la première pierre pour la construction de 100 nouvelles autres écoles modernes, dont huit cette année, à travers le bled. Rendez-vous à la pose de la dernière pierre.
Souleymane Bah

