La grand-messe du football mondial s’est achevée dimanche 19 juillet en apothéose, à MetLife Stadium, à New-York, chez Donald Trump. Du 11 juin au 19 juillet, le monde a vibré au rythme des matches tantôt agréables, tantôt insipides.

Comme tout événement de cette envergure, elle a eu ses couacs, ses dérapages et ses déconvenues. L’immense joie de l’Afrique d’y être mieux représentée pour la première fois a été vite douchée par la mésaventure de l’un de ses meilleurs arbitres, le Somalien Omar Abdulkadir Artan, refoulé à l’aéroport de Miami alors qu’il devrait arbitrer des matches du Mondial de football. Son délit ? Être citoyen d’un État visé par les mesures de restriction de délivrance de visas américains. Le monde sportif est demeuré abasourdi par le silence écœurant et complaisant de la FIFA notamment de son président Gianni Infantino. Et puis la déconvenue précoce et surprenante des dix représentants du continent a fini de tempérer l’enthousiasme des Africains. Aucune équipe africaine n’a pu vaincre le signe indien de leur défaite en toute fin de match. En la matière, on pourrait attribuer le bonnet d’âne au Sénégal et à Pape Thiaw !

Mais il y a eu pires couacs lorsque la politique a percuté le sport. Lors du mach États-Unis Bosnie-Herzégovine, en seizième de finale, le joueur américain Folarin Balogun a écopé d’un carton rouge puni d’une interdiction de jouer le match suivant, conformément au règlement de la FIFA. Au grand dam du monde sportif, la FIFA a transgressé son règlement, levé la sanction et permis au joueur américain de jouer le match suivant. Un appel cordial de Donald Trump à son ami Gianni Infantino a tout arrangé. Tant pis pour les autres joueurs ayant pris aussi des cartons rouges. Eux, ils n’auront que leurs yeux pour pleurer. Quoi qu’on dise, ce comportement inédit des deux hommes a été un gros point noir sur ce grand événement festif. Mais cela n’a guère étonné beaucoup de gens, eu égard aux turpitudes du président américain.

Par ailleurs, à la fin de leur match de demi-finale, pour célébrer leur victoire, les Argentins ont donné un grand coup de canif dans la déontologie sportive en déballant, au centre du stade, une banderole portant l’inscription : « Les Malouines sont argentines ». Ce qui renvoie à la guerre entre le Royaume-Uni et l’Argentine, en 1982, au cours de laquelle les sujets de sa Majesté, venus dans des dizaines de navires de guerre depuis leur lointaine Angleterre, ont administré aux Argentins, aux Malouines, au large de l’Argentine, une mémorable correction dont ils se souviendront longtemps, même en sport. Toute sportivité ravalée.

Même Toto sait qu’on ne doit pas mélanger politique et sport.

Abraham Kayoko Doré